NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
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La consolidation du pouvoir militaire dans le haut bassin fluvial permitaux envovés français de se présenter plus hardiment chez les peuplades del’intérieur. En 1885, un autre fait capital eut lieu dans l’histoire de laprise de possession du pays. Les Français s’emparèrent de Bamakou, surle Niger , et y construisirent un fort. Désormais le haut Djoliha se trouvaitl'attaché commercialement à la mer, non par l’immense circuit de ses eauxcourantes, mais par la route frayée précisément dans la direction opposée dela pente naturelle : le « chemin ipii marche » est remplacé par une voiecju’a tracée l’homme et qui prendra d’année en année une importance plusconsidérable. En même temps, la superficie du territoire dont l’issue setrouve ramenée vers le Sénégal pour le mouvement des échanges est plusque doublée; Tombouctou, au grand coude du Niger , semble devoir se rat-tacher un jour à Saint-Louis comme à son escale naturelle. Bans la pre-mière ferveur d’enthousiasme causée par l'occupation d’un poste sur le« fleuve des Noirs», on crut pouvoir espérer davantage pour un avenir trèsprochain : on s’imagina que le Sénégal et l’Algérie seraient bientôt reliésl’un à l’autre par des itinéraires bien étudiés de jalon en jalon, stations fu-tures d’un chemin de fer transsaharien. Ces espérances ne se sont pointréalisées et l’on sait que les tentatives faites du côté de l’Algérie se sonttenuinées d’une manière désastreuse. Les Touareg et leurs alliés barrentencore le passage. Sur la ligne qui réunit Alger à Saint-Louis, les pointsextrêmes occupés par les Français , Goléa, dans le pays des Chaamha, etKoulikoro, sur la rive gauche du haut Niger , sont encore séparés par unelacune de 2450 kilomètres à vol d’oiseau, beaucoup plus que la moitié duparcours total. De part et d’autre, les explorateurs se sont hasardés bienplus avant que les postes inoccupés ; mais du Touat à Tombouctou , l’es-pace sur lequel on ne peut reporter encore aucun itinéraire direct n’a pasmoins de KOO kilomètres : c’est un quart de la distance totale entre leschefs-lieux des deux possessions françaises , une longueur égale à cellede Paris à Varsovie .
Encore suspendue dans l’espace, pour ainsi dire, puisqu’elle n’est pasunie aux contrées circonvoisines par des routes géographiquement explo-rées, la voie du Sénégal est néanmoins la mieux utilisée de toutes celles(pie présentent les cours d’eau de l'Afrique occidentale. Décrivant par sessources un vaste demi-cercle autour des fleuves qui coulent [dus au sud.(iambie, Casamance, Bio-Grande. Rokelle, le Sénégal est la branche occi-dentale de cette grande ligne d’eaux courantes qui, par le Niger , va re-joindre le golfe de Bénin ; de ce côté la voie naturelle a été explorée en sonentier, limitant d’une manière précise un espace continental d’environ deux