NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
rière d’écueils et de luisants, et les marins peuvent la suivre à distance,guidés par la chaîne des hautes dunes qui se succèdent sur le littoral, dres-sées par lèvent du nord. Un tronc de palmier, une brèche des dunes, inter-rompue par une plaine couverte de salines, indiquent les abords de la radede Portendik, rade périlleuse où les navires doivent mouiller au large de lacote, à l’abri de quelques bancs sur lesquels vient se briser la force de lamer. Portendik, l’ancien « port d’Addi », ainsi nommé, au commence-ment du dix-huitième siècle, d’un chef des Trarza,eul une certaine impor-tance jusqu’en 1857, les Anglais s’étant réservé le droit, en rendant le Sé-négal à la France , de commercer avec cette partie du littoral : lorsque lestraitants du fleuve n’offraient pas aux Maures un prix suffisant pour leursgommes, ceux-ci les apportaient aux Anglais de Portendik. Ce droit ayantété racheté à la Grande-Bretagne en échange du comptoir d’Albréda, queles Français possédaient à l’embouchure delà Gambie , Portendik a perdutoute valeur commerciale. Les Maures du voisinage n’ont plus d’autre mar-ché que Saint-Louis, situé à "250 kilomètres plus au sud, faible distancepour des nomades accoutumés à la traversée du désert. Ainsi la région dulittoral comprise entre le cap Blanc et la bouche du Sénégal est une dépen-dance naturelle de Saint-Louis, sinon par le climat et l’aspect du sol, dumoins par le trafic de ses habitants.
La capitale, avec tout son outillage commercial, agricole, militaire,ne constitue pourtant que la moitié d’un organisme urbain; elle dépendde son port maritime en eau profonde, Gorée-Dakar . Jadis, lorsque la dil-ticulté des communications obligeait les habitants de Saint-Louis à secontenter de la brèche ouverte par les eaux du fleuve sur la barre gron-dante, le chef-lieu du Sénégal formait un tout complet, du seuil d’entréeaux <|nais de la ville; mais de tout temps on avait compris de quelleimportance pour l’avenir du pays il serait de rattacher Saint-Louis au golfede Gorée . Dès 1859 un traité avait été conclu avec Daniel ou le roi duGayor, pour assurer l’établissement d’un service de courriers à cheval lelong de la cote, entre Saint-Louis et le cap Vert ; mais, ce traité n’ayant pasété observé, il fallut conquérir le territoire et construire les trois postesintermédiaires de Lompoul, Mboro, Mbidjen, à la fois fortins et caravansé-rails; par la convention de 1801 toute la cote, entre la merci les niayesou mares bordières de la dune, était déclarée terre française. Kn 1802.la construction d’une autre route par l’intérieur du Gayor était décidée, etl'année suivante un fort s’élevait à moitié chemin de Saint-Louis et deDakar , près de la résidence de Damcl. Entin, en 1885, fut inauguré lechemin de fer qui réunit Saint-Louis à son port naturel sur le golfe de