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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
qu’à 2 kilomètres et demi vers l’ouest, sur le revers de la pointe de Dakar ,l’eau est tranquille en tout temps. C’est l’une des raisons qui ont fait dé-laisser Corée comme port militaire et de grand trafic. La même cause quila lit jadis choisir comme escale de commerce et centre de domination estcelle qui la fait abandonner aujourd’hui : Corée est une île. Elle n’avaitpoint à redouter l’attaque des indigènes, et les commerçants pouvaient yentreposer leurs denrées en sécurité ; mais depuis que la pacification s’eslfaite parmi les peuplades du littoral voisin, ce qu’il leur faut, c’est un portde la cote qu’ils puissent rattacher facilement aux lieux de production dansl’intérieur. Dakar offre ces avantages; la nouvelle ville se peuple donc auxdépens de Corée : de 1878 à 1885, celle-ci, quoique privilégiée commeport franc, a perdu 1280 habitants, plus du tiers de sa population. Ellea gardé ses relations avec la Gambie, les rivières du Sud et Sierra-Leone ,qui lui envoient surtout de petits bâtiments, bons pour la navigation desestuaires; mais c’est à Dakar que se sont établis l’hôtel du Gouvernement,les bureaux des administrations, les casernes, les offices des compagniesde commerce; sur les quais les navires viennent faire leurs approvision-nements de combustible; le chemin de fer de Saint-Louis a sa gare termi-nale dans le voisinage du port, et c’est là aussi qu’est le point d’attachedu câble sous-marin. Néanmoins Dakar ou le « Tamarinier », fondée en1857 sur le territoire de la petite république ouolove des Lébou, n'a pasgrandi aussi vite qu’on aurait pu s’y attendre : les échanges pacifiques s’ac-commodent difficilement du voisinage des casernes, des bureaux militaireset des bâtiments armés. Les irrégularités du sol obligeront les ingénieurs à degrands travaux pour assurer l’écoulement, des eaux de pluie et pour donneraux constructions une assiette régulière; en outre, il reste beaucoup à fairepour terminer le port, avec tout son outillage de quais, de jetées, d’appon-tements, de chantiers, de bassins et de fortifications. C’est par millionsque les devis approximatifs évaluent les sommes à dépenser avant queDakar soit une ville régulière, digne de succéder à Saint-Louis comme chef-lieu des possessions françaises de la Sénégambie. Mais, outre son beauport, elle a ce qui manque à la capitale actuelle, les sites pittoresques desalentours, le cap Manuel projeté comme un fer de lance à l’ouest de la rade,les îles de la Madeleine, toujours entourées d’écume, les Mamelles du capVert, sommets basaltiques d’où l’on voit à ses pieds la pointe des Alma-dies ou des « Barques » et ses dangereuses chaussées d’écueils, les rochesafricaines les plus avancées vers l’occident. En phare de premier ordres’élève sur l’une des Mamelles.
Depuis que Corée a cessé d’avoir le monopole commercial de cette partie