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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE

constituer un Etat redouté. La garde des remparts était toujours confiéeaux plus compromis,;! ceux dont la mort eût été inévitable si la ville avaitété surprise par les gens des alentours. Lelîambouk est la région du bassinsénégalais où jusqu’à présent les villages, presque tous habités par desMandingues païens, ont le mieux maintenu leur indépendance républicaineet leur organisation fédérative. Farabana garde toujours le premier rangparmi les petits Etals de fiambouk.

La station de Kayes, sur la rive gauche du Sénégal , près de l'endroitoù débouche le marigot de Kouniakari et là où s'arrêtent la plupart desbateaux à vapeur dans la saison des liantes eaux, a pris dans ces dernierstemps une certaine valeur commerciale comme lieu de débarquement destroupes envoyées vers le Niger : c'est là qu’a été établie la première gare duchemin de fer. Les magasins et les entrepôts, naguère établis à Ivayes, sontgraduellement transférés à la station plus salubre de Itiainou, à 55 kilo-mètres en amont, sur la meme rive du Sénégal ; mais le poste militaireprincipal reste situé à 1 "2 kilomètres de Ivayes, au bord d’un méandre oùviennent tourbillonner les eaux du lleuve après être tombées des rochersde Eélou. Ce poste est Médine ou « la Ville », fameuse par le siège dequatre-vingt-quinze jours que subit sa petite garnison française en 1857et par la dispersion finale des troupes du prophète al lladji-Ümar'. Cettevictoire assura la possession définitive du liant Sénégal , mais c’est vingt etun ans plus tard seulement, en 1878. par la [irise du Utla ou villagefortifié de Sabouciré, bâti à fi kilomètres en amont de la cataracte deEélou, i[iie les Français s’ouvrirent le chemin du Niger : plusieurs milliersd’hommes, Toucouleurs en majorité, s’étaient enfermés dans ce village, etcinq heures durant luttèrent pied à pied contre les soldats 5 . Là si 1 trou-vait en effet le point vital du nouvel empire des Toucouleurs, qui deSégou, pris comme centre, s’étendait au loin vers l’est, des deux côtés duhaut bassin sénégalais . En perdant la ligne médiane du bassin, le Bakltoyet le fiaoulé, le « Fleuve Blanc » et le « Fleuve Rouge », le « Pèlerin »Omar perdait en meme temps l’unité stratégique de son royaume : d’uncôté le Kaarta, de l’autre le Djallonké-dougou, n’étaient plus que des frag-ments désormais séparés.

La moitié septentrionale de cet empire est formée par le pays de Kaarta,qui jadis dépendait du royaume de Kasso. Les Kassonké. les Riavara.qui sont les descendants des Soninké, anciens possesseurs de la contrée,

1 Mouvement commercial des entrepôts du district de Médine en 1881 : à 020 000 francs.

{Journal officiel, U novemtnv 1881.)

1 Annales Sénéyalaises, île 185ï h ISO».