t'ELOt'l-, VILLES DE LA CASAMANCE.
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agriculteurs; et jamais ne vendent une réculte de riz avant d'avoir vuprospérer la moisson qui suit ; pendant des mois leur grain est conservéau-dessous de leurs cabanes, dans une chambre où ils l'ont passer la fuméeatin de préserver leurs approvisionnements de l’attaque des insectes; aussileur riz, toujours noirci, a-t-il une moindre 1 valeur commerciale que celuides tribus voisines, liagnoun ou Habilita, qui vendent leur grain sitôt ré-colté 1 . Le pays des Feloup est couvert de palmiers dont ils atrophient lefruit, aliii de détourner toute la sève, qu’ils recueillent ensuite pour enl’aire une liqueur enivrante. A l'exception des Vicas,ees indigènes gardentleur bétail pour l'offrir en sacrifice aux morts et célébrer les festins funé-raires; ils ont l’idée d’un dieu suprême, qui est pour eux à la fois le ciel,la pluie, le vent et la tempête. Gouvernés par la terreur, ils sont en proieaux sorciers; en aucune partie de l’Afrique les jeteurs de sort ne sontplus invoqués et plus haïs : on les accuse de tuer par leurs maléliees etparleurs philtres; mais souvent aussi on se saisit d’eux et on les faitpérir dans les tortures. D’ailleurs un changement de mœurs et d’insti-tutions s'accomplit peu à peu parmi les populations feloup qui viventdans le voisinage des postes et que les négociants emploient au trans-port des denrées. Mungo Park , Beaver vantaient leur loyauté : pourrait-onde nos jours faire d’eux le même éloge?
La station principale, à la fois militaire et commerciale, de la Casamanccest Sedhiou, appelée aussi Francès-kounda ou « Demeure des Français ».Fondée en I8Û7 sur la rive droite du lleuve, à l'endroit où s'arrête la navi-gation des goélettes, elle est devenue une véritable ville, avec constructionsà l’européenne et. vastes entrepôts; des villages de Sarakolé et d’autres cul-tivateurs se sont bâtis aux alentours, et Sedhiou se trouve approvisionnéeen abondance de vivres de toute espèce; presque tous les arbres fruitiersd’Furope sont cultivés avec succès dans les jardins. Le port est toujoursanimé par de nombreux bateaux qui viennent charger les arachides et lesautres denrées du haut fleuve; quoique la ville soit en terrain bas, lapetite garnison qui occupe le poste est moins décimée par la lièvre quecelles de la plupart des autres stations militaires de la Sénégambie : pour-tant en 1884, la population de Sedhiou ne comprenait que troisKuropéens.Ziguinchor, l’ancien poste portugais de la rive droite, donné à la France parla récente convention, fait un commerce beaucoup moins considérableque Sedhiou ; situé sur la rive gauche du lleuve, en aval du confluentdu Songrogou, il occupe cependant une belle position commerciale pour
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