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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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l’es tuai ce. 11 naît à plus de "200 kilomètres de la cote, dans la régionmontueusc qui limite à l’ouest le cours de la Toininé, et s’unit à la merpar un golfe en forme d’entonnoir dans lequel les navires du plus fort tirantd’eau peuvent remonter jusqu’à 50 kilomètres de distance. La conventionfranco-portugaise assure au Portugal la possession de cet estuaire du Cas-sini, dont les Français avaient naguère la possession effective, grâce à leurscomptoirs.

L’archipel des Jîissagos, qui lit jadis partie du continent, ne diffère desîles du littoral que par la plus grande largeur des liras qui les séparent, etdans lesquels pénètre le Ilot vif de la mer. Non encore exploré dans toutle dédale de ses canaux, cet archipel, que défend, du côté de la haute mer.une ligne dangereuse de brisants, comprend une trentaine d’iles, grandes(‘l petites, outre d'innombrables récifs : d’ailleurs, le nombre des terresémergées change du llux au reflux. Le flot, qui s’élève de 4 mètres, décom-pose de grandes îles en plusieurs fragments distincts, qui s’unissent denouveau lors du jusant : c'est ainsi que l’île Cagnahac s’agrandit des îlesPorcos et Bumbana lors du reflux; (lallinhas, Formosa, Ponta, Corbelha.la Caravella 1 des anciens auteurs, se rattachent aux terres voisines;d’immenses plages couvertes de coquilles sont à sec pendant une partie dela journée, puis transformées en détroits où les courants se meuventavec une extrême vitesse. Le danger est grand dans ce dédale pour lesembarcations que ne guide pas un bon pilote : aussi les navires quipénètrent dans l’archipel des Bissagos mouillent-ils chaque soir; il est im-possible de naviguer la nuit au milieu de ces récifs. En maints parages leséjour est très malsain, à cause des vases que les courants ont déposéesdans les criques. A son extrémité méridionale l’archipel des Bissagos setermine par une roche isolée, l’Alcatraz ou le « Pélican » : des nuéesd’oiseaux tourbillonnent en effet autour de la haute pierre rougeâtre,qu’ils ont recouverte d’une épaisse couche blanche de guano.

L’île la plus considérable, Orango ou Harang, est en grande partiesablonneuse et n'offre qu’une pauvre végétation, tandis que les autresîles ont pour la plupart une riche parure de hauts palmiers et d’arbrestouffus; les baobabs y sont désignés sous le nom de poullam (polon, poi-lon), d’après un îlot méridional de l’archipel ; vus de loin, ces arbresgigantesques, premier indice du voisinage des Bissagos, paraissent surgiren bouquet du milieu de la mer. Toutes les îles sont basses et forment delongs alignements dans la direction du nord-est au sud-ouest, qui est celle

1 llauseii-Blangsted, Bulletin de la Société de Géographie, 4 880.