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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

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parfois il est vendu comme esclave, en punition de l’échec. Toutes les peu-plades de ce pays, à l’exception des Feloup, achètent des captifs.

Les Papel ou liourné habitent surtout, à l’ouest des lialanla, la pénin-sule formée par les deux estuaires du Cacheo et do Geba. Comme lesHabilita, auxquels ils ressemblent par les mœurs et l’état social, ils ont laligure d’un beau noir, le crâne dolichocéphale, la ligure prognathe, lesmembres grêles, les cheveux crépus et la barbe rare. Leurs femmes setatouent aussi le corps, en prenant le nombril pour centre de leurs dessinsgéométriques. Les Papel se distinguent par leur sens artistique : la plu-part des armes et des instruments qu’ils possèdent leur sont vendus pardes artisans mandingues, mais c’est à leurs dessinateurs que sont dus lesornements de leurs poteries et de leurs calebasses. Peuple de fétichistes,ils apprécient beaucoup les amulettes et, d’après quelques étymologistes,leur nom proviendrait des « papiers » qu’ils enferment dans leurssachets pour se préserver de tout accident; toutefois leur appellation ori-ginaire paraît avoir été celle de Papeï ou lVpeï. Comme les Balanta, cespopulations enterrent les morts avec grand apparat, parfois leur laissant lacabane patrimoniale comme tombeau, mais plus souvent les déposant enterre et dressant une lombelle sur leur fosse, à l’ombre d’un baobab oud’un fromager, arbre sacré ; au-dessus de la mince couche de terre qui re-couvre le corps, on entretient un feu pendant plusieurs jours, atin que lafumée empêche les habitants de sentir la mauvaise odeur. A côté du corpson laisse toujours des vivres en abondance, et parfois, quand il s’agit degrands personnages, on égorge sur leur tombe tous les animaux qu’ils pos-sédaient et on les mange en festins publics. D’après les résidents portu-gais , les rois papel n’iraient pas seuls dans leurs tombeaux : ils seraientaccompagnés de plusieurs vierges ensevelies vivantes 1 ; en tout cas, il vapeu d’années que ces sacrifices se faisaient encore, et même en 1800 oncélébrait en quelques districts écartés des banquets funéraires où les con-vives se nourrissaient de chair humaine. On jette à la mer comme impursles corps des jumeaux, des albinos et des monstres.

De grands contrastes se produisent entre des populations voisines, maisséparées les unes des autres par la guerre incessante, par les haines héré-ditaires et les pratiques de sorcellerie. Ainsi quelques peuplades deBiafarou Biafada, sur les bords du Bio-Grande, ne témoignent aucun respectpour les morts; elles ne leur dressent point de buttes funéraires et nelaissent dans les tombeaux ni vivres, ni objets précieux. Les Bialar sont les

1 Tracassos Yaldez; rte tîarros ; Doeller, ouvrages cités.