CLIMAT DE SIERRA-LEO.NE.
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soudaines annoncent la fin du roulement, de larges gouttes de pluietombent çà et là, puis le vent d'ouest s’élève et le nuage disparaît. Lasaison des pluies est terminée.
Le climat de Sierra-Leone est l’un des plus meurtriers du monde, et detoute la contrée c’est la capitale qu’il est lopins dangereux d’habiter. Piesde la ville s’étendent des marais non encore desséchés, et le reflux laisse àdécouvert des fonds vaseux. Les vapeurs empoisonnées qui s’échappent deces flaques sont retenues comme dans une chaudière par le vaste amphi-théâtre des montagnes qui entourent le golfe. Pleine dans les terrains enpente la nature du sol contribue, pendant la saison des pluies, à l’insalu-brité du climat : l’eau que le grès ferrugineux absorbe lors des averses estrapidement évaporée et avec la 'huée s’élèvent les miasmes ; l’atmosphèreest souvent moite et lourde comme celle d’une serre pour plantes tro-picales. Kn arrivant dans la baie de Sierra-Leone , l’Kuropéen admirela forme pittoresque des monts, la magnificence de la verdure, la beautédu golfe se ramifiant en criques et en détroits, mais il ne peut se défairede l’impression funeste causée par le surnom du pays : « Tombeau duBlanc » (While amn’s Grave) ; il se rappelle aussi que les navires des croi-seurs chargés de réprimer la traite étaient appelés « Escadre des Cer-cueils » ( Coffin squatlron). Les épidémies de fièvre jaune sont fréquentes,et chaque fois cette maladie enlève le tiers ou la moitié des blancs qui n’ontpu s’enfuira temps ou que leur profession oblige à rester dans le pays;quelques médecins soutiennent même que le fléau est endémique à Sierra- Leone et que la péninsule est le foyer des épidémies qui ravagent parfois laSénégambie. La mortalité des officiers anglais qui tiennent garnison àFreetown s’élève parfois à la moitié de l’effectif; en 1881 elle dépassa le tierspour tous les Européens de la ville, civils et militaires, quoique la plupartdes blancs, au nombre d’une centaine environ, habitent des maisons bienaérées, sur les pentes ou au sommet des collines, et jouissent de tous lesprivilèges du bien-être, fl est raie qu’ils s’exposent aux dangereux brouil-lards du malin. Quant aux troupes noires, qui constituent la force militairede la colonie, elles ont une mortalité annuelle de beaucoup supérieure àcelle des garnisons d’Europe 1 , mais il est rare qu’une épidémie vide lescasernes. Les registres de l’état civil 3 indiquent, pour toute la population
1 Garnison do Siorra-Loono : sur 1000 lionmies, 710 malades par an: do 2!) à 50 morts.
- Ensemble du mouvement de la population dans la « colonie », de 1871 à 1875 :
Aatalilé.... . 5078
Mortalité.. 4520
Surplus dos morts.. 1218