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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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F A l' NK DE LIBERIA, M.LA'RI.MILES, VEI.

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vières voisines. Ce son l aussi des gens ha tailleurs et e’esl à eux qu'onattribue la destruction presque complète de la peuplade des Dell ouBevoï, dont on voit encore quelques familles éparses autour des planta-tions du littoral 1 . D'après Cust, la langue dch ne serait plus parlée quedans cinq villages : l’anglais des nègres américains de Monrovia la rem-place peu à peu.

Sur les frontières du nord, les bords de la Ma lia et du lac Fishermansont habités parles tribus des \eï, apparentées aux Mandingues ; cettenation comprendrait environ 50000 individus. Cultivateurs paciliques, aveclesquels les voyageurs blancs animés d’un esprit de justice vivent en trèsbon accord, les Yeï sont presque islamisés : fuyant les convertisseursmandingues, ils n’en ont pas moins été atteints par la religion nouvelledans les plaines du littoral où ils se sont établis et qu’ils sont obligés dedéfendre contre leurs âpres voisins du nord-ouest, les Gallinas. Leurlangue, très sonore, riche en voyelles, est un idiome à suffixes, sans ilexions,fort bien étudié par divers grammairiens, notamment par Koelle, qui en arecueilli les contes, les fables, les proverbes, précieux trésor qui proba-blement n’aura bientôt plus qu’un intérêt historique, car l’anglais devientpeu à peu le langage policé des Yeï et leur idiome dégénère en patois.Depuis 1854 la nation possède une écriture syllabique, d’un peu plus dedeux cents caractères, imaginée par un indigène, Doalou Boukeré, apparte-nant à une famille puissante de la contrée : les signes s’écrivent de gaucheà droite, sans espace médiaire entre les mots. Pour réaliser son idée,Doalou s’associa cinq jeunes gens de ses amis, puis, alîn que la mémoiredes caractères inventés ne se perdit, pas, il mit le roi dans ses intérêts enlui faisant présent de cent plaques de sel. Le chef, ravi du cadeau, déclaraque le nouvel alphabet était probablement l’ouvrage sacré dont parlentles inahomélans comme écrit par Allah . Alin que ses sujets devinssent des« Gens du Livre » comme les Mandingues et les Poro ou Portugais , illit aussitôt bâtir une grande cabane où son peuple, hommes, femmes,enfants, vint apprendre à tracer et à lire les caractères. Bientôt toutun village d’écoles s’éleva autour de la cabane primitive, et quand unincendie l’eut détruit, les « Gens du Livre » se réunirent pour en fonderun nouveau 2 . Ainsi le syllabaire veï n’a point été un simple jeu d’es-prit, et de nos jours encore nombre d’indigènes s’en servent pour leursmémoires de famille et leur correspondance. Le principal inventeur de

1 Winwood Rende; Benjamin Anderson, ouvrages cités.* Koelle, Africa Polyglotta.