loi
(Jeudi, Yendi, Yanda, Yené), capitale du grand royaume de Dagomba, rpiis’étend au nord vers le Niger , dans le pays des Mandingues : jadis assu-jetti au souverain de Coumassi, il lui envoyait 1500 esclaves par au. Lemouvement d’échanges parait avoir diminué à Djendi, par les memesraisons qu’à Salaga . Actuellement le lieu principal de la région moyennede la Aolla est la ville de Iveté, naguère faubourg de Krakyc (Karnli.Kralchi), qui a gardé rang de capitale. Krakye est située à '2 kilomètres ausud-ouest de lvelé et à 00 mètres d’altitude, sur une haute berge de la rivegauche du Meuve, presque en face du confluent, de la Séné. C’est unecité « fétiche »; un dieu, le Denté ou Odenté, réside dans une cavernevoisine, ombragée par un bosquet d'arbres sacrés : on s’y rend de toutes partspour consulter l’oracle. Le grand-prèlre du temple, principal personnagede la contrée, préside à toute une confédération d’Llals qui s’est, forméedepuis la dislocation de l’empire des Achanti . 11 paraît toutefois quedans ces derniers temps le fétiche et son représentant ont perdu deleur pouvoir: les mahométans, appelés par le trafic, sont devenus peuà peu les véritables maîtres; des aristocraties mahométanes se substi-tuent aux monarchies païennes de la contrée. Chaque ville de la régiona son fétiche, dont la puissance s’accroît ou s'affaiblit avec celle deshabitants qu'il patronne. Le génie de Wouropong, qui siège sur la mon-tagne tabulaire de Sia, à une centaine de kilomètres au sud-est de Kra-kye, est un dieu méchant, auquel il faut du sang humain; récemmentencore, on lui sacrifiait un homme, tous les ans : des tibias humains fontrésonner les deux tambours de la prière, tendus en peau de singe 1 .Au nord-est s’étend le vaste pays de liousso ou des « Montagnes », liéslaiblement habité, dont les deux capitales, Siadé et Dadeassi, ont chacuneun très grand saint pour fétiche protecteur. Les trois quarts des naturelsde liousso seraient affligés de goitres. Dans ces régions, les mariages ne sefont ni par vente ni par ordre des parents; les femmes, restant libres deleur choix, peuvent toujours quitter le mari : aussi sont-elles générale-ment bien traitées et l’époux les aide même dans le ménage. Les jeunesgens et les enfants n’ont pas le droit de s’habiller; seuls les gens mariésportent des vêtements d’étoffe ou d'écorce : en divorçant, la femme reprendà l’homme les habits qu'elle a donnés*.
La rivière Afram, qui s’unit à la Aol la en amont de la percée des monts,n’a point de ville sur ses bords. Même les steppes riveraines sont presque
1 Millier et Malily, mémoire cité.s Proceedings uf (lie R. Geographical Society, April 1880.