CHAPITRE VII
COTE DES ESCLAVES
TOGO, POPO, AJUDA, BADAGIlï, LAGOS, DAHOMEY , YOROUBA
La partie de la côte africaine comprise entre les deux segments de terresalluviales que limitent la bouche de la Yolta et le delta du Niger est. unlittoral typique par la régularité de sa plage extérieure, légèrement inllé-chie en arc de cercle, et masquant une plage intérieure dont elle est sépa-rée par des lagunes et des marigots : la mer qui baigne cette rive est legolfe de Bénin . Le triste, nom décote des Esclaves que porte encore cetterégion du littoral lui vient du tralic en « pièces d’Inde » qui, depuis les pre-miers temps de la découverte portugaise jusque dans la deuxième moitiédu dix-neuvième siècle, se maintint au bord des lagunes maudites. Nullepart il n’était plus facile aux négriers de faire leurs opérations au méprisdes croiseurs. La côte est défendue par de formidables brisants où peuventse hasarder seulement des pilotes habiles; les entrées des estuaires ne sevoient pas du large et les baies intérieures offrent mille criques mysté-rieuses au bord desquelles, sous les arbres touffus, se cachaient les hangarsabritant la marchandise humaine. Les caravanes de traitants venus desrives du Niger, les soldats que les souverains du Dahomey et du Yoroubaenvoyaient avec des chaînes de prisonniers, n’avaient pas à gagner lamer pour livrer leurs captifs : le troc se faisait discrètement à l’ombredes forêts.
Toutes les nations de l’Europe occidentale, qui voulaient leur part demétal sur la côte de l’Or, prétendirent également aux profits du trafic enhommes sur la côte des Esclaves, et pendant les dernières décades dela traite des marchands brésiliens curent aussi leurs nègrcries sur lesplages du golfe de Bénin . Mais jusqu’en 1851 aucune puissance étrangère,à l’exception du Portugal , ne prit officiellement possession d’une ou de