COTE DES ESCLAVES, MONTAGNES DU NI AH I.
403
moins ce fait considérable, que les districts du littoral, jadis presque dé-serts à cause de la dangereuse présence des négriers, exercent de nosjours, par le commerce, une grande force d’attraction sur les noirs descontrées qui s étendent au loin vers le Niger . Les districts orientaux,plus épargnés par la guerre que ceux de l’ouest, sont très peuplés. Troismillions d’habitants, tel parait être le chiffre probable pour tout le ver-sant tourné vers le golfe de Bénin .
De la mer on ne voit de collines sur aucune partie de la cote : à "20 kilo-mètres au large, les vigies n’aperçoivent pas le continent : seulement la villede Badagry est signalée par une « montagne », bois en forme de pyramide,ayant pour base un léger rendement du sol. Les grands arbres sontrares sur la llèche de sable : il n’y pousse que des arbustes, si ce n’est auxabords des villages, où l’on a planté des cocotiers, d’ailleurs fort lents àvenir. 11 ne se forme pas de dunes sur celte cote, sans doute par l’effet desvents du nord-est, qui reprennent les sables apportés par la vague et lesemportent au loin dans la mer. Les hauteurs du relief continental ne com-mencent que bien au delà des lagunes ramifiées du littoral ; elles se com-posent d’ondulations terrestres en forme de vagues, qui s’élèvent enmoyenne à 00 ou 70 mètres de bailleur et se rattachent aux plateaux del’intérieur. Dans le Dahomey , un petit massif atteint 800 mètres à sonpoint culminant. Au nord le sol se redresse en vraies montagnes : il paraî-trait, d’après Skertcliley, que les chaînes de Jîousso se terminent dansle Mahi par des pics dépassant 2000 mètres et s’abaissant vers les steppesseptentrionales par mu* pente rapide, tandis que sur le versant méri-dional la contre-pente offre une succession de terrasses étagées : là se-raient les plus liantes montagnes de l’Afrique au sud de l’Atlas et à l'ouestde l’Ltbiopie. Du haut d'un sommet que gravit Skertcliley pour voir leverle soleil au-dessus des plaines qui s’étendent vers le Niger , l'explorateuranglais vit distinctement la chaîne se prolonger au loin dans la directionde la Nolla. Des dômes de granit constituent quelques-uns des principauxmassifs; d’autres sont des pyramides de basaltes columnaires, des entas-sements de trapps qui ressemblent à des forteresses ou des volcans isoléspercés d’un cratère distinct. Lue vallée présente des amoncellements dedébris qui ont tous les caractères de moraines et l’on y remarque desroches « striées par les glaces »‘.
Les cours d’eau qui descendent vers la mer entre la Yolta et le Niger nesont pas des fleuves considérables, leurs bassins parallèles n’ayant qu’une