NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
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gnies se compose de « femmes à rasoir » pour couper les tôles des roisvaincus 1 . Leurs danses de guerre se font avec un ensemble et une précision(pie n’égale pas le meilleur corps de ballet ; elles sont infatigables auxfêtes de parades comme dans les batailles. Skerlchley décrit une de cesprocessions guerrières avec danses, chants el sacrifices, qui ne dura pasmoins de seize heures.
Quoique les femmes jouissent d’ordinaire d’une grande liberté etqu’elles aient le droit de pratiquer les mêmes métiers, d’embrasser lesmêmes professions que les hommes, elles sont pourtant dans le mariageconsidérées comme une simple propriété du mari. La pratique de la poly-gamie est générale et l’époux achète ses femmes à beaux deniers : il n’enreste plus pour les pauvres, el le roi entretient pour eux. à ses frais et àson bénéfice, un corps nombreux de courtisanes. I,e séducteur d’unefemme mariée est tenu de la racheter au prix de vente ou de céder sapropre femme en échange; s’il est célibataire ou trop pauvre pour acquit-ter la somme due, il est vendu comme esclave; il subit la mort lorsquel’époux offensé a le rang de cabécère. Souvent les gens de peu ne sontpas même enterrés; on les jette dans la brousse, d’où la dent des fauvesles a bientôt fait disparaître. Les honneurs de la sépulture sont réservésaux chefs de famille et aux grands personnages : dans ce cas, on creuseleur tombeau immédiatement au-dessous de la couche où ils ont rendule dernier soupir.
Comme chez les Achanli et maints autres peuples africains, on avaitnaguère l’habitude de sacrifier un garçon ou une fille à côté de la tombe.On remplace maintenant les victimes humaines par un chevreau : Liba.le génie gardien des morts, doit se contenter de cette "" ’ d’un peu
de farine, de coquillages, de rhum et d’huile versés en libation. Lamort des cabécères, celle des rois étaient suivies de massacres en masse : lafosse mortuaire était lavée de sang; le personnage se rendait dans l’autremonde suivi par un cortège digne de son rang. Souvent des épouses, commedans l’Inde , se présentèrent spontanément pour suivre leurs maris dans lamort 2 . L’habitude de répandre le sang avait accoutumé les Dahoméens àune cruauté sans bornes : les vovaseurs décrivent en détail les massacres,les tortures, les mises en croix, les arrangements de cadavres en groupesartistiques le long des avenues. Une des cérémonies annuelles consistait àremplir un grand réservoir, qu’on laissait ouvert pour ceux qui vou-