Band 
Livre XII. L'Afrique Occidentale.
Seite
474
JPEG-Download
 

NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

474

gnies se compose de « femmes à rasoir » pour couper les tôles des roisvaincus 1 . Leurs danses de guerre se font avec un ensemble et une précision(pie négale pas le meilleur corps de ballet ; elles sont infatigables auxfêtes de parades comme dans les batailles. Skerlchley décrit une de cesprocessions guerrières avec danses, chants el sacrifices, qui ne dura pasmoins de seize heures.

Quoique les femmes jouissent dordinaire dune grande liberté etquelles aient le droit de pratiquer les mêmes métiers, dembrasser lesmêmes professions que les hommes, elles sont pourtant dans le mariageconsidérées comme une simple propriété du mari. La pratique de la poly-gamie est générale et lépoux achète ses femmes à beaux deniers : il nenreste plus pour les pauvres, el le roi entretient pour eux. à ses frais et àson bénéfice, un corps nombreux de courtisanes. I,e séducteur dunefemme mariée est tenu de la racheter au prix de vente ou de céder sapropre femme en échange; sil est célibataire ou trop pauvre pour acquit-ter la somme due, il est vendu comme esclave; il subit la mort lorsquelépoux offensé a le rang de cabécère. Souvent les gens de peu ne sontpas même enterrés; on les jette dans la brousse, d la dent des fauvesles a bientôt fait disparaître. Les honneurs de la sépulture sont réservésaux chefs de famille et aux grands personnages : dans ce cas, on creuseleur tombeau immédiatement au-dessous de la couche ils ont rendule dernier soupir.

Comme chez les Achanli et maints autres peuples africains, on avaitnaguère lhabitude de sacrifier un garçon ou une fille à côté de la tombe.On remplace maintenant les victimes humaines par un chevreau : Liba.le génie gardien des morts, doit se contenter de cette "" dun peu

de farine, de coquillages, de rhum et dhuile versés en libation. Lamort des cabécères, celle des rois étaient suivies de massacres en masse : lafosse mortuaire était lavée de sang; le personnage se rendait dans lautremonde suivi par un cortège digne de son rang. Souvent des épouses, commedans lInde , se présentèrent spontanément pour suivre leurs maris dans lamort 2 . Lhabitude de répandre le sang avait accoutumé les Dahoméens àune cruauté sans bornes : les vovaseurs décrivent en détail les massacres,les tortures, les mises en croix, les arrangements de cadavres en groupesartistiques le long des avenues. Une des cérémonies annuelles consistait àremplir un grand réservoir, quon laissait ouvert pour ceux qui vou-

1 Skertcliley, ouvrage cité.

2 Des Marchais, Voyage en Guinée .