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l’Ahanankem des indigènes, porte en français le nom de la Baranquère.
Le Grand-Popo des Européens , que ses habitants eux-mêmes appellentPla, est un bourg de commerce où domine l’influence française. Fondéégalement par des fugitifs, c’est moins une ville qu'un groupe de hameauxdistincts bâtis sur les îlots de la lagune et sur la plage : les fugitifs deDahomey qui s’y établirent les premiers avaient pris soin de mettre le lit dela lagune entre eux et leurs persécuteurs, les fétiches défendant aux annéesdahoméennes de franchir le marigot. La situation du Grand-Popo près du« grau du Roi », toujours ouvert au flot du large, donne de l’impor-tance à son mouvement commercial M. Zoller évalue la population totaled’Agoué et du Grand-Popo à 1‘20 000 personnes; en outre, les pays del’intérieur que l'on peut classer comme se trouvant dans la sphère d’at-traction des villes côtières ont pour le moins un nombre aussi considé-rable d’habitants. L’ensemble du pays pourrait être désigné sous le nom dela rivière Agomé, qui le parcourt du nord au sud et va se déverser dans lalagune ; lors des grandes eaux, son courant est assez fort pour se conti-nuer dans le marigot jusqu’au grau permanent de Grand-Popo; par-fois aussi un mouvement sensible des eaux se propage vers l’ouest jus-qu’au passage temporaire du Petit-Popo .
A l'est du Grand-Popo commence le territoire de Dahomey , gardé àune petite distance de l’entrée par la ville considérable de Gléhoué, que lesEuropéens ont désignée par les divers noms de Eida, Ihvedah, AVhvdah,Guida: les anciens auteurs l’appelaient Juda ; ses habitants étaient dits les« Judaïques » et on les considérait en effet comme un reste des tribus dis-persées d’Israël ; au nord la rivière d’Allala, dont le vrai nom est Efra,était devenue l’Euphrate pour les érudits 1 2 3 : la dénomination qui resteraprobablement pour la ville est celle d’Ajuda, donnée par les Portugais , les« protecteurs » actuels du royaume de Dahomey et jadis les principauxnégriers. Lors de la grande activité de la traite, alors que de seize àdix-huit mille esclaves étaient transportés chaque année de cette plage,Ajuda eut jusqu’à 55 000 habitants : les nègres de la contrée étaient
1 Commerce du Grand-Popo en 1884, d’après Zoller :