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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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an delà les [daines sont presque désertes : par leurs expéditions de guerre,les souverains ont fait la solitude autour des eités royales. Dans les brous-sailles règne, suivant la lielion monarchique du Dahomey , un souverainfantôme qui est le double du véritable roi ; il n'existe pas, et néanmoins ila son palais, ses officiers, ses amazones, son budget : c’est en son nom quesont prélevés les impôts, que se font les achats avec l'argent du peuple;mais c'est le vrai roi qui fait les largesses. Tout ce dont se, plaint le pauvrepeuple est attribué à ce roi chimérique, et c’est vers le véritable souverainque s’adresse la reconnaissance des sujets pour les bienfaits du pouvoir 1 .

On ne retrouve de villes qu’au nord du Dahomey proprement dit, dansla province de Malii, dont la population a été d’ailleurs fréquemmentéclaircie par les refoulements en niasse et les massacres, depuis le milieudu dix-huitième siècle. Des Dahoméens ont réussi à réduire les Malii enles attaquant toujours avant la saison des récoltes. Les indigènes, aban-donnant leurs campagnes pour se réfugier dans leurs forteresses des monts,étaient bientôt forcés par la faim à demander la paix et à livrer des otages;mais lors du voyage de Duncan en ISio, la peiqdade des Dassa, qui parleune langue différente de colle des Malii, avait encore sauvegardé son indé-pendance. De la plaine vers le faite des monts on voit se succéder l'impor-tant marché de Zong-noumi ; la cité pittoresque de Zoglogbo, dont lesmaisons se groupent dans le fond d’un ancien cratère ébréché; hogozahi,située dans une région charmante de collines, de bois et de torrents, quetraversent des ponts sus_ 'us; Savalou, jadis capitale du pays des Malii;bjallahou, entourée de blocs de granit épars, que Duncan comparait auxpierres levées de Stonehenge. Ces Alpes du Dahomey , visitées seulementpar deux voyageurs presque captifs de leur escorte, diffèrent des plainesbasses par le climat, la lion 1 , la faune, les habitants et l'aspect des cités 2 .

A l’est du « protectorat » portugais de Dahomey, les Français possèdentsur la côte une deuxième enclave, celle de Porto-Xovo, petit royaumeindigène qui se constitua, au commencement du dix-huitième siècle, par lafondation de la ville de'llonibonou. la 1 bâtisseur, fils du roi d'Allada ouArdra, l'appela aussi « Petite Ardra »; ce fut le Porlo-Xovo des marinsportugais ; actuellement les indigènes la nomment. Adjaché. La superficiedu territoire de Porto-Xovo, (|ue la mer limite au sud sur un espace d’en-

1 Skortcliley, ouvrage cite.

2 flimcan. Traivlx in 11 estent Africa; — Skerlcliloy, Dahomey as il is.