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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
de l’Afrique ; elle s'entoura de sa vaste enceinte, très suffisante pourrepousser les attaques d’armées sans discipline et sans armes de précision;néanmoins, du côté où les incursions étaient le pins à craindre, c’est-à-dire à l’est, sur la route d’ibadan, il fallut élever trois lignes parallèles deretranchements, et du côté de l’ouest on construisit quelques ouvrages dedéfense sur la rive droite de l’Ogoun , complétant l’enceinte de la rive onpo-sée. C’est qu’uue ville d’esclaves fugitifs ou de gens marqués d’avance pourle devenir doit se préparer à une guerre incessante pour défendre saliberté, considérée comme un vol et comme un outrage par les maîtreslésés. De même que Farahana dans le liainbouk, Agoué sur la côte, Alak-pamé chez les Roué , et tant d’autres places fortes bâties par des rebellesou des fuyards, Abeokoula eut à se défendre fréquemment, mais elle rem-porta toujours la victoire : le sacrifice annuel d’un homme, célébré engrande pompe par les habitants assiégés, était agréé par les dieux 1 . Restroupes d’ibadan furent repoussées avec carnage: même le roi de Daho-mey avec ses amazones essaya vainement, à plusieurs reprises, de fran-chir l’enceinte d’Abeokouta, et les tentatives d’annexion faites discrètementpar les Anglais de Lagos n’ont eu aucun succès.
Les habitants, réunis pour la défense commune, se sont constitués enlibre fédération. Le quartier principal porte le nom d’Aké, l’ancienne capi-tale des Kgha ; de même les autres groupes de maisons ont les appellationsdes villages habités primitivement par les expatriés : les anciennes commu-nautés se sont transportées dans la république nouvelle avec leurs privi-lèges, leurs usages, leurs dieux lares; la ville se compose ainsi d’une soixan-taine de villages ayant leurs traits distinctifs, leur histoire, leur dialecte,leurs pratiques religieuses. Les musulmans ou Imalé sont déjà représentéspar des milliers de colons, que l’on tolère tout en les redoutant commel’avant-garde des envahisseurs du nord; des centaines de chrétiens, sur-tout des immigrants de Sierra-Leone , se sont aussi établis autour des cha-pelles fondées par les missionnaires. On laissa subsister ces stations reli-gieuses pendant les premières années. Mais les conseils de la ville, les ayantconsidérées comme des centres de propagande politique, les supprimèrenten renvoyant les prédicateurs étrangers, tout en permettant aux indigènesconvertis le libre exercice de leur culte. De nouvelles stations, protestanteset catholiques, se sont récemment établies dans la ville.
Une certaine division du travail s’est opérée parmi les habitants d’Abeo-kouta, la cité la plus active du Yorouba : tous les enfants apprennent un
1 Richard Burton, Abeohila and Cnmaroons Mountains