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outre de forl industrieux maçons 1 * . A une trentaine de kilomètres au sud,une autre ville, Dougassou, peut être considérée comme le marché extérieurde Ségou pour toutes les denrées expédiées des vallées supérieures. Par lestyle de ses édifices Ségou appartient plus à la .Maurétanie (ju’au Soudan .Ses maisons à terrasses s’appuient sur de larges piliers décorés d’ara-hesipies et portant sur tout leur pourtour des consoles en argile : c’està peu près le même genre de construction que dans l'oasis d’Araouan.sur la route du .Maroc à Tombouctou . Mais pour les _ ‘s du com-
merce Ségou est encore en plein Soudan : on y compte par cauris, donttrois mille en moyenne représentent la valeur d'une pièce de cinq lianes ;pour les grosses sommes, le captif est l'unité de valeur, fictive ou réelle.Nul article d’échange n’a dans son cours de changement plus rapide quel’esclave, suivant le résultat, des guerres, victorieuses ou fatales. De-puis qu'on ne vend plus de noirs aux Européens dans les ports du litto-ral, les Toucouleurs coupent le cou à tous les captifs dont la taille dépassela hauteur d'un fusil; les femmes et les enfants sont vendus dans lepays. Le sultan n’est servi que par des femmes, dites korcigi, portantsur la poitrine des plaques d’or ayant la forme de cuirasses ; il choisitmême des officiers parmi elles et quelques-unes arrivent, à remplirles plus liantes fonctions du royaume. I ne des parentes du roi doSégou est préposée à la direction d’un gynécée où sont élevées, auxfrais de l’Etal, les jeunes filles que le sultan destine à ses hôtes de dis-tinction*.
Les Toucouleurs, quoique fils de conquérants fiers de leur noblesse etlie la pureté de leur foi, ont cessé d’être les maîtres à Ségou. Après avoirété jadis un Etat bambara, le royaume le devient de nouveau par la dimi-nution graduelle des immigrants vainqueurs. Quelques milliers de talibédu Foula avaient accompagné le « Pèlerin » Omar, mais les guerres, lesmaladies, en diminuèrent vite le nombre et le recrutement de ces« fidèles » est à présent fort difficile par suite de l’éloignement de lamère patrie et de la naissance des Etals indépendants ou hostiles qui sesont constitués dans la zone intermédiaire. La fondation des postes mili-taires français dans la région du liant Sénégal , la formation du nouvelempire malinké de Samory , enfin les révoltes du Ilelé-dougou et des payscireonvoisins ont isolé complètement de leur pays d’origine les Toucou-leurs du Ségou. ils « restent prisonniers dans leur conquête 3 », et de plus
1 Mage; — Soleillet, ouvrages cilés.
- Paul Soleillet , ouvrage cité.
3 Pietri, Les François nu Xiyer