Band 
Livre XII. L'Afrique Occidentale.
Seite
560
JPEG-Download
 

:>oo

NOUVELLE GKCM.i!AI'IIIE UNIVERSELLE.

hoirs denrées avec les dioula Sarakolé du sud. 1*1 us à l’ouest est le Damiari,c’est-à-dire le pays de Damfa ou Danipa, autre ville de Sarakolé située aupoint d’intersection de plusieurs roules et fréquentée par les Maures,Oulad-Mahmoud, Oulad-Tiehil, Oulad-Oualata, Oulad-Mbarek ; pendant lasaison sèche, la ville est entourée des tenles de ces nomades, groupés parIrilms. Ils viennent acheter le mil, «pie les habitants de celte région récol-tent en énormes quantités, et le l’apportent dans le pays d’el-llodh, tropsec pour la culture des céréales. Le Damiari était un pays très prospèreen 1883, lorsque M. Bayol le parcourut et le plaça, par conventions avecles chefs, sous le protectorat de la France . On commençait à y cultive]'l’arachide; le tabac de la contrée est renommé, les forgerons y sont forthabiles, et dans le grand village de lioro, entouré de cotonniers et d’indi-sïo tiers, de nombreux métiers fabriquaient, ces étoffes bleues, solides detissu, inaltérables de couleur, qui servent à faire les robes connues sous lenom de « boubou de Ségou ». De nouveaux villages se fondaient dans lepavs pour recevoir les fugitifs de pays limitrophes dévastés par les Tou-couleurs.

Au nord de Damfa, la ville de Mourdia, située dans la région des savanesoù commencent, à se montrer les premiers sables, quoique les terrains res-tent fertiles, est encore plus commerçante et plus populeuse : jusqu’à septcampements de Maures, contenant au moins 1200 individus, entourentl’agglomération cenLrale, où vivent 2o00 Sarakolé; les rues tortueuses sontdisposées en bazars comme les souk de Tunis et Ton y vend des tapis,des bijoux, des cuirs brodés, qui l'appellent l’industrie maurétanienne.Le pays qui s’étend au nord-ouest, dans la direction du Kaarta, est leLîakhounou, territoire qui fait partie d’el-llodh, la zone médiaire entre leSahara et le Soudan . Cette contrée de passage, qui appartint jadis au grandempire de Ghanata, puis à celui des Mandingues, a été fréquemment dis-putée par les voisins puissants. Les Arabes, les Bambara s’v sont entre-heurtés, les Foula, les Toucouleurs l’ont conquise et même y ont établi descolonies permanentes. Toutes les fois qu’ils sont laissés à eux-mêmes,les naturels du pays, presque tous Sarakolé ou Assouanik, — dans lanomenclature ethnique des Arabes , — se groupent en petites confédéra-tions républicaines; mais, fort prudents, ils entrent rarement en lutte avecles envahisseurs du pavs : ils laissent passer l’orage, puis se remettent al’œuvre pour cultiver leurs champs et en exporter les produits. La capitaledu Bakhounou, Bakuinit, située à l’occident de la province, à une cen-taine de kilomètres à l’est, de Aioro, occupe le fond d’une dépressionsablonneuse, à côté d’une nappe d’eau prolomle; quelques rochers de