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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

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sidéralde, la plupart dos articles manufacturés dEurope . Le Maroc envoiele Ilié, celle feuille précieuse qui fournit la décoction savourée, dite « eaude Zemzoni » par les Arabes comme leau sainte de la Mecque. Ea monnaiecourante de Tombouctou , comme celle de tous les pays du liant Niger , estle cauris : elle a succédé comme signe représentatif des valeurs à uneautre espece de coquillage, que lon importait de Perse 1 * , et la pièce decinq francs la remplace peu à peu. Quand la guerre ferme une des voiescommerciales qui se dirigent vers Tombouctou , les caravanes font degrands détours, mais le trafic ne sen continue pas moins : cest ainsi quele mouvement des échanges entre Tombouctou et Saint-Louis, au lieu desuivre la voie naturelle quoffrent les rives du Niger et du Sénégal , a[rendre au nord les chemins du désert par des étapes régulières, doasiseu oasis. La ville la [tins importante sur ce parcours est Oualata ou Biron,ce marché qui fut si fameux jusquà la fin du quinzième siècle et qui denos jours encore rivaliserait avec Tombouctou par le nombre des habitants,daprès le voyageur sénégalais Alioun Sal. Souvent chez les auteurs arabesle nom de Oualata est confondu avec celui de Ghana ou Ghanata, la « capi-tale » du pays des Genexvah : le nom de ce pays était devenu au Maroc syno-nyme de pays des Noirs, et lon sait que plusieurs auteurs y trouventlorigine du mol Guinée , employé par les Portugais [tour toute lAfriqueoccidentale 3 4 .

Lindustrie est presque nulle à Tombouctou : à peine quelques artisanssv occupent-ils de la fabrication de ces poches en cuir de bœuf et de cessacs à amulettes que la ville de Oualata fournit à tous les marchés duSoudan 3 ; des pécheurs vont chercher au Niger et dans les marigots voisinsdabondantes récoltes de poisson, qui servent presque exclusivement à lanourriture des pauvres et des esclaves, car les lâches méprisent cet ali-ment comme trop commun*. Par leurs capitaux, les négociants de Tom­ bouctou dirigent en grande partie lagriculture des pays environnants ; ilspossèdent des fermes nombreuses sur les bords du Niger et des marigotsriverains; les troupeaux qui [laissent dans les savanes des alentours etdans cette large zone de lAssouad, couverte de, forêts de mimosas, quilimite au sud la région du désert leur appartiennent en grande partie.Ainsi les Arabes et meme les Touareg et les Foula qui viennent exigerl'impôt sur le marché de Tombouctou sont en réalité les tributaires de la

1 II. lîarlli, ouvrage cité.

i Itesljorough Gooley, ouvrage cité.

5 I'. Soleillel, ouvrage cité.

4 Oscar Leuz, ouvrage cité.