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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

A l’est, le bassin du Niger 11 ’est pas séparé de celui de Tzàdé par un faîterégulier, ayant une saillie continue facile à reconnaître. 11 est vrai quele seuil de partage entre les deux bassins est plus distinct qu’entre le Chariet le Henné, où des marais et des lacs paraissent appartenir aux deux ver-sants à la fois; cependant les pentes sont si peu sensibles dans le llaoussaoriental, qu’il est difficile en maints endroits de reconnaître à quel systèmeappartiennent les eaux courantes ou les llaques qui se maintiennent pen-dant la saison des sécheresses. Mais la région faîtière est parsemée de nom-breux rochers, aiguilles'et dômes de granit qui transforment quelques dis-tricts en de vastes labyrinthes. Ces pays de rochers offrent de charmantspaysages. Entre les pierres la terre végétale est épaisse, et des palmiers, desarbres touffus croissent en bouquets pittoresques; des champs se déroulenten rubans irréguliers sur les contours des buttes; des cabanes se blottis-sent au-dessous des falaises; il est des villes, telle Doutchi, entre Sokoto etKatsena, qu’on distingue à peine dans le dédale de roches qui se dressentde toutes parts.

Le manque de pente dans le sol, les cavités nombreuses ménagées entreles saillies des rocs ont eu pour conséquence d’empêcher la formation régu-lière d’une ramure fluviale : dans une grande partie de la contrée il n’y apoint de ruisseaux, mais seulement des flaques d’eau, lacs ou étangs, (piicroissent et diminuent, se forment et disparaissent suivant les sai-sons. Même là où les pluies annuelles ont creusé des lits continus, les ri-vières sont pendant plus de la moitié de l’année réduites à des mares allon-gées, séparées les unes des autres par des lianes de sable : ce sont deskoramma ou coulées dont on voit briller les eaux de distance en distance etdont les seuils misa sec offrent des endroits favorables pour le campementdes caravanes. Seulement dans la partie inférieure du bassin la rivière deSokoto offre un courant continu, mais ses eaux, qui se traînent paresseuse-ment sur les cailloux, sont malsaines pour les hommes et les animaux : onne boit que l’eau filtrée qui s’amasse par suintement au fond des trouscreusés à la main dans la grève. D’ailleurs la différence est fort grande

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pour la quantité des pluies dans les deux parties du bassin, l’une voisinedes steppes sahariennes, l’autre appartenant à la zone du Soudan . Lestransitions du climat sec au climat humide sont très brusques en cetterégion de l’Afrique : à cent kilomètres du nord au sud l’abondance annuelledes pluies et, par suite, la richesse et la variété de la végétation diffèrentd’une manière frappante. L’écart de latitude entre Sokoto et Gando n’estpas même de 70 kilomètres; mais, tandis que les pluies sont rares dans laville la plus rapprochée du désert, elles sont au contraire fort abondantes