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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
Soghoran ou Djaouamhé sont lo reste d’un de ces peuples vaincus qui nes’élèvent jamais à la dignité d’hommes libres et n’exercent que des métiersméprisés : en certains endroits on pourrait les comparer aux Tsiganes pourla position sociale, tandis qu’à Sokolo, où leur race, croisée avec celledes Touareg, constitue le gros de la population, la plupart exercent desmétiers et se livrent au petit commerce; ils possèdent même presque lemonopole de l’industrie du cuir, spécialité qu’ils avaient déjà au commen-cement du seizième siècle. Quant aux Torodo ou Torobé, les frères desToucouleurs du Sénégal , ils sont considérés également, parmi les Foulaorientaux, comme formant une aristocratie religieuse et guerrière; onrespecte surtout ceux qui ont reçu de la foule le nom de Torobé Sabouniou Torobé « du Savon », parce que ces gens pieux nettoient fréquemmentleurs habits, dont la blancheur éclatante doit symboliser la pureté de leurfoi. Les Toucouleurs du Ilaoussa sont aussi de race mélangée, et d’aprèsIlarth l’élément ouolof serait très fortement représenté chez eux, dans lepays de Sokoto aussi bien qu’au Sénégal . C’est sur ce fait, la pré-sence d’une race partiellement ouolove dans le Ilaoussa, que se fonde Barllipour attribuer une origine occidentale aux Foula : dans les temps mo-dernes, leur mouvement de migration se serait porté de l’ouest à l’est,et non de l’est à l’ouest, comme l’admettent la plupart des écrivains. Unechose certaine est que les longs voyages, les déplacements définitifs, à descentaines ou des milliers de kilomètres du lieu de résidence antérieur,sont peu de chose pour ces Foula, à la fois bergers et agriculteurs, quivont de pâturage en pâturage, poussant leurs troupeaux devant eux etcheminant presque inaperçus entre des populations sédentaires, maisqui savent se fixer sur le sol quand ils ont trouvé un endroit favorable oùils peuvent rester en maîtres. C’est ainsi que s’expliquent les modificationsincessantes de la carte ethnologique des Foula dans le Soudan . Si l’onne rencontre plus de Foula dans le Foula-dougou du Sénégal , le Foula-Djallon a reçu des Foula du Massina, c’est-à-dire des immigrants venusde l’est, tandis que le Ixaarta et le Ségou se peuplent à nouveau de Tou-couleurs venus de l’ouest. Les Takroùr de même origine ne se sont-ils pasétablis en colonies agricoles jusqu’au pied des montagnes d’Ethiopie ?
Outre les Haoussaoua, divers par l’origine, unis par la langue, qui con-stituent le fond de la population, et les Foula qui ont pris la dominationpolitique de la contrée, il est des habitants du Ilaoussa qui font partied’autres grandes races distinctes de l’Afrique . Ainsi, dans la province deKebbi, les Songhaï, sous l’appellation locale de Kabaoua, occupent la plusgrande partie de l’espace triangulaire compris entre le cours du Niger et