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les besoins du commerce dans la région du bas lleuve: jadis Ions lesesclaves importés du Niger en Amérique étaient appelés Ibo. quellesque fussent d’ailleurs leur race et leur langue. Les Ibo adorent un dieupuissant, Tcboukou, que nul œil humain n’a jamais vu, mais qu’on entendparfois : malheur à celui que sa voix a frappé, désormais il ne parlera plus !Il vit à la fois dans une caverne et dans les hauteurs du ciel : un de sesveux regarde les espaces célestes, l’autre les profondeurs de la terre. Na-guère on lléchissait son courroux par le sacriiice de vierges dont on liaitles jambes et que l’on traînait sur le sol jusqu’à ce qu’elles rendissent ledernier soupir; ensuite on les jetait dans le lleuve, aux poissons et auxcrocodiles. Chez les Ibo, la naissance de jumeaux était considérée commeun signe de la colère céleste 1 et l’on ne manquait jamais de les exposer dansla forêt. Quanta la mère, elle était aussitôt répudiée par son mari commeun objet d’horreur; pendant longtemps elle était obligée de vivre solitaireet n’avait plus le droit de s’asseoir à côté d’autres femmes dans une cabaneou sur le marché public. Les nouveau-nés dont les dents supérieures per-çaient avant celles d’en bas étaient aussi sacrifiés à Tcboukou et aux géniesde l’air. Les mânes des morts recevaient également des offrandes, maisnon des sacrifices sanglants : on leur donnait les prémisses de tous lesrepas, les premiers grains de la calebasse et les premières gouttes du vase'.Chez les Ibo les divisions sociales sont très marquées, mais on peut s’éleverde l’une à l’autre par achat : la plus haute noblesse se compose seulementde quelques personnages qui s'attachent à la jambe ou font porter devanteux une sonnette qui rappelle leur gloire à tous les passants. D’autresnobles de moindre dignité se font reconnaître de loin en souillant du cor.C’est une grande insulte de saluer ces gentilshommes autrement que parleurs titres officiels 2 . On les reconnaît d’ailleurs facilement, même quandils n’ont ni sonnette ni cor, par leurs tatouages particuliers; il en est quise font arracher la peau du front pour la ramener au-dessus des yeux enune sorte de visière.
Au sud des Ibo, qui ont le rôle prépondérant dans le bassin inférieurdu Niger , à la fois par le commerce, la langue, l’influence politique, laforce militaire, la région du delta appartient à plusieurs peuplades dis-tinctes, éparses dans le labyrinthe des îles marécageuses et n’ayant guère 1de relation les unes avec les autres : aussi l’unité du langage ne s’esl-elle point faite encore dans ce territoire; d’ailleurs on y trouve plusieurs
1 II. Kôler, ouvrage cité.
- Samuel Grouiller; — Africaines Horion, lies/ African Counlries and Peoples.
vu.
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