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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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Les liaiur(“Is oui pris des êtres plus rapprochés d’eux eomiue protecteurset amis. Sur les bords de. l'estuaire de lîoniiy, c’est un iguane que l'onchoisit et que l’on respecte connue le génie bienl’aileur ; on le nourrit, onveille sur lui pour qu’aucun malheur ne lui arrive, ou le suit en canotdans la rivière et des sauveteurs le ramènent, dans leurs liras sur la terreTerme . Le requin est le fétiche du Nouveau Ealabar, et jadis ou lui offraittous les sept ans un enfant à dévorer; ailleurs, c’est un singe qui est ledieu, et malheur aux blancs s’ils le louchaient : immédiatement une grèvegénérale arrêterait le commerce; les maisons des criminels seraient ta-houées ; il ne leur resterait plus qu'à se réfugier sur leurs navires et àpayer une forte rançon pour que les relations pacifiques lussent rétablies 1 .Ouand le roi est en guerre avec les populations voisines, les habitants quirestent dans le village, hommes, femmes, enfants, parcourent les rues engrandes processions, chantant, poussant des cris, battant du tambourpour implorer la bénédiction divine sur les entreprises de leur maître,pour effrayer aussi les mauvais génies qui favorisent ses ennemis. Tous lesdeux ans, on procède à la purification de la ville, non par le nettoyage desnies, mais par l’exorcisme des mauvais esprits. Les magiciens, ou, commedisent les Anglais , les jrw-jnc-mnt, ont un rôle prépondérant parmi cestribus, à la fois comme médecins, prêtres et prophètes. Ils ne disposentplus de la vie des sujets pour faire des sacrifices aux génies courroucés, ilsse bornent à répandre le sang des coqs ou des chèvres; mais comme jugesils condamnent souvent les accusés à l’épreuve, soit du poison, soit duplongeon dans un estuaire infesté de crocodiles et de requins : ce sont lesnègres de la côte qui ont enseigné aux Européens les redoutables pro-priétés de l’esseré ou « fève du Ealabar » (p/ii/snsl it/uia venntosum), légu-mineuse employée maintenant dans la pharmacopée pour le traitement desophthalmies. Les condamnés étaient jadis mis à mort dans le pays delionny avec de terribles raffinements de cruauté : on les attachait, àdemi écartelés, à deux poteaux plantés sur la plage, puis on leur coupaitmembre après membre, en commençant par les mains et les avant-bras;quand il ne restait plus que le troue, on le fouillait du couteau pour enarracher le cœur.

Le long des rives maritimes du delta, la population est uniquement livréeau commerce : sauf la pêche et un peu de jardinage, elle n’a que les res-sources obtenues par l'échange avec les marchands européens. Aussi l’ar-rivée d’un navire est-elle saluée d’acclamations; jadis on n’attendait même

1 Crowtlier; — Cusl, ouvrage cité.