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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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désignent généralement Finnema par l'appellation de Jew-jew-town, ou« ville des gri-gri », parce qu’elle est la résidence de magiciens. Jadis le chefdes pilotes était aussi par excellence le faiseur de gri-gri et c’est à lui ques’adressaient les commerçants noirs pour qu’il invitât le courant àcreuser la passe d’entrée. Les négociants européens des rivières d’Huilevivent non sur le littoral, mais à bord do hulks ou pontons, groupés enville flottante : l'avant des navires, couvert d’une toiture de-zinc, renfermeles mille objets d’écbange et l’arrière est transformé en maisons offranttout le confort des bétels anglais : un monde d'animaux, cliiens, cliats, chè-vres, brebis, volailles, singes, grouille sur le pont. Iles barques élégantes,de construction européenne, transportent les négociants de la rive auxpontons; moins effilées, moins rapides, mais très solides et d’une décorationoriginale, sont les barques des naturels, l'ne « cour d’équité», formée descapitaines de navires, est installée à Jkmny sur un vaisseau de guerre.

Malgré la ressemblance des noms, le \ieux Calabar (01 d Calabar ), quesouvent l’on appelle simplement Calabar , n’a de commun avec le .NouveauCalabar que la situation au bord de la mer et le commerce de l’huile. Ladistance est de plus de 120 kilomètres entre les deux estuaires et ces pa-rages sont trop connus maintenant pour que les navigateurs risquent dese tromper entre les deux entrées. A son embouchure l'estuaire du VieuxCalabar n’a pas moins de I <S à lit kilomètres en largeur, mais nulle partle l'egard ne peut embrasser cet espace; des îles et des ilôts boisés limitentde tous côtés l’horizon. Les diverses bourgades auxquelles on donne, le nomcollectif de Calabar sont toutes bâties au nord de cet estuaire, sur les bordsdelà rivière Cross ou Oyono et de ses affluents. Ituke-lown ou Atakpa, laville de commerce devant laquelle sont ancrés les hulfo, est située à l’ex-trémité septentrionale du grand estuaire, vers la jonction des rivièresaflluentes. Plus au nord, non loin d’un des marigots latéraux, — d’où sonnom de Creek-town, — la ville royale s’étend sur les croupes et les pentesde collines qui se développent en demi-cercle au-dessus du cours d’eau;les maisons basses bordent le rivage. Les rues sont droites et larges, cequi témoigne d'une influence considérable exercée déjà par les Européenssur les mœurs des habitants. Au centre de la ville, dans la partie liante,se dressent des édilices de construction baroque, édifiés par les Anglais pour le roi et les princes de Calabar . Le village d’Üld-town, reste d’uneville jadis prospère, est à mi-chemin sur le marigot qui mène de Duke-toxvn à Creek-toxvn. Ce fut jadis le centre du commerce, mais les traitantsanglais , voulant reporter le commerce à leurs établissements de Dukc-toxvn. — appelée alors Nexv-town, —invitèrent les principaux habitants