NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
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s‘y sont accomplis sc fasse entendre jusqu’en Europe et les grands mouve-ments des peuples, invasions, exodes, guerres et conquêtes, restent ignorés.D’ailleurs, la voie principale par laquelle le bassin du Tzàdé a reçu lesinfluences du dehors ne le met en relations qu'avec l’Afrique orientale etl’Arabie : c’est le chemin du For et du Ouadaï, par lequel les Arabes ontapporté leur religion, la culture étrangère et la connaissance du mondeextérieur. Pour les mouvements ethniques et l’histoire de la nation, laroute qui rattache le bassin du Tzàdé aux rivages de la C.rande Syrie eutbeaucoup moins d'importance, mais elle était suivie par les marchands• lu littoral méditerranéen et c’est par là que dans ees derniers temps sefirenl surtout les échanges; elle est donc la mieux connue. Pourtant cettevoie, la plus directe de la Méditerranée au centre de l'Afrique , est de moinsen moins fréquentée, un autre chemin, plus facile, quoique beaucoup pluslong, étant désormais ouvert au trafic de l’Europe : c’est vers le sud-ouestmaintenant, par la voie du Henné et du Niger , que se dirige le courantcommercial du Burnou et des populations limitrophes. On peut dire qu’unmouvement de volte-face s’est produit dans les pays de l’Afrique centrale :ils regardaient au nord, du côté de la Méditerranée ; ils se sont tournésdans la direction opposée, vers le golfe de Bénin . Une route carrossable, unchemin de fer changeraient de nouveau l’orientation du trafic.
Les explorateurs européens qui ont visité le bassin du Tzàdé sont encorepeu nombreux, et ce dangereux voyage a coûté la vie à plusieurs de ceuxqui l’ont tenté. En 1823, les premiers Européens , Penham, Clapperton ,Oudney , Ifillman, Toole pénétrèrent dans le Bornou par la voie du Fezzàn et des oasis du Kawar, mais deux des voyageurs anglais 11 e revirent pas lapatrie. Plus d’un quart de siècle s’écoula sans qu’une nouvelle expéditionse fit dans cette région de l'Afrique centrale . En 1831, Richardson, Barth,Ovenveg entraient dans le Bornou : mais à peine avait-il le pied sur le ter-ritoire kanouri, que Richardson succombait à la maladie; l’année suivanteOvenveg mourait à son tour au bord du lac Tzàdé, sur lequel nul autreEuropéen 11 ’a vogué avant et après lui. Yogel, envoyé pour le remplacerdans l'œuvre d’exploration, était destiné à périr de mort violente dans leOuadaï, et, quelques années après, Beurmann était également frappé dansle Kànem. Nachtigal fut plus heureux en 1871 et 1872 : après avoir visitéle Borkou, le Kànem , il parcourut le Bornou et le Baghirmi , puis il tra-versa heureusement le Ouadaï et leEôr. Une partie de ce voyage a été renou-velé en 1880 par Matteucci et Massari, mais les détails de cette exploration11 e sont connus que par des notes succinctes. Le nom de Kouka, le marchécentral du Bornou , est un de ceux que l’on répète le plus fréquemment en