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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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Cil.VIII, ISAHK EL-CtlIAZAL.

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le chemin entre le Kànem et le Burnou doit suivre d’année en année uncontour de plus eu plus long. Le district de Kouka est très menacé parles inondations; en 187,1 la ville fut envahie et le cheikh projetait laconstruction d’une cité nouvelle beaucoup plus à l’ouest, pour se mettre àl’abri des envahissements du lac. Plusieurs villes, telle <[ue Ngigmi, à l’anglenord-occidental du lac, ont dù se rebâtir ainsi. Or, par un curieux phéno-mène de balancement, taudis (pie les eaux du lac se portaient vers l’ouestcl le nord-ouest, elles abandonnaient l’extrémité orientale du bassin, etle Bahr el—(îhazal ou la « Mer des (îazelles », (jui se trouve pourtant à unniveau [dus lias que la nappe du Tzàdé, se desséchait peu à peu. Le faits’explique par la disposition des îles orientales en forme de barrages étagés.Ehacun des mille détroits (pii se succèdent entre l’Eau Blanche du T/.àdéel son golfe du Bahr el-Ghàzal a sa barre qui retarde l’écoulement deseaux : celles-ci, même pendant la saison des crues, ne s’épanchent qu’aveclenteur, et, soumises à l'évaporation, Unissent par tarir, taudis que lasurface lacustre continue de s’élever dans le centre du réservoir.

Lorsque les géographes européens entendirent parler pour la premièrefois du Bahr el-(ihàzal comme d’un cours d’eau communiquant avec leTzàdé, ils s’imaginèrent par analogie que ce balir était une rivière com-parable à cet autre Bahr cl-Ehàz.al qui s’unit aux eaux du Nil et ils enliront un alîluenl du grand lac soudanien. Pourtant Denham et Clappertouavaient appris déjà des habitants du Bornou (pie le lac Tzàdé déversait pré-cédemment scs eaux dans le Bahr el-fihàzal : le Ilot de sortie n’aurait étéinterrompu que par le meurtre d’un saint homme. Le voyageur Barlh, quiavait recueilli les mêmes témoignages des indigènes, se refusait néanmoinsà reconnaître ci; phénomène « incroyable » d’une pente graduelle d’écou-lement entre le Tzàdé el les dépressions du Bahr el-tihàzal 1 . Mais depuisque Nachligal a parcouru la contrée, il a bien fallu se rendre à l’évidenceet admettre que le « Fleuve des (iazelles » est un diluent, et non unafiluent du grand lac. En effet, il arrive, dans les années d’inondationsexceptionnelles, que les eaux du Tzàdé descendent dans le Bahr el-Ehàzal.Pendant le séjour do Nachligal dans le Bornou ce phénomène eut lieu :le courant épanché du grand lac pénétra d'environ 80 kilomètres dans laplaine basse du Bahr et les caravanes qui naguère se rendaient directementdu Kànem dans le Baghirmi, à travers les roselières et les flaques d’eau,lurent obligées défaire un long détour vers l’est dans la direction du Oua-daï. D’après la tradition, c’est, bien dans la deuxième moitié du siècle der-

1 Reisen und Entdeckungcn in Nonl - und Cenlnd-Afriha, 5" Band; Anhang.

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