K LO H K ET FAUNE DANS LE BASSIN I)U TZADÉ.
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le « cotonnier » ( eriodentlron anfractnosum), étalant par étages ses lon-gues brandies horizontales auxquelles pendent des fruits en forme defuseaux : de la gousse s'échappe un duvet non moins fin que celui del’eider et servant à rembourrer les coussins, les matelas, les cuirasses; ila l’avantage de ne jamais se ramasser en boules. Moins beau, mais bienplus utile encore dans l’économie de la contrée, comme dans celle du InuitAiger, est l’arbre à beurre (bnlprospermnm ou bassin Parkii), si pré-cieux dans un pays où les animaux domestiques fournissent très peu delait ; quelques voyageurs européens le préfèrent au beurre animal dulîornou, que les ménagères ont l’habitude de traiter à l’urine de vache.In autre arbre caractéristique du Baghirmi méridional est le parkiabbjlobom, dont les gousses, suspendues en grappes, renferment des fèvesque l’on réduit en farine : la bouillie qu’on en prépare est excellente,mais trop nourrissante; on l’emploie presque exclusivement commeremède contre les maladies d’entrailles. Dans les régions riveraines duTzàdé où l’on brûle les herbes en été, suivant la mode des bergers arabes,les arbres trop riches en sève, trop humides pour s’enllammer, ne souf-frent nullement de l’incendie. Comme les landes du nord de l'Europe , cesplaines de l’Afrique centrale sont parfois recouvertes d’un nuage d’àere fuméeprovenant de la combustion des plantes basses sur de vastes étendues*.
A la zone des stoppes du nord, si riche en animaux sauvages, correspondune autre zone dans le midi, où la rareté des cultures laisse reparaître lafaune primitive, singes cynocéphales, lions cl autres félins, éléphants,hippopotames et rhinocéros. L’abou-korn ou « père des cornes » duOuadaï méridional, dans lequel on a voulu reconnaître la fabuleuse« licorne » ! , est tout simplement un rhinocéros à deux cornes placées l’unederrière l’autre, sur le mufle de l’animal 5 . Dans le Baghirmi le monde desbestioles offre des espèces en multitude. Barth et Machligal décrivent ceroyaume comme le pays par excellence des insectes: scorpions, fourmis,termites et vers y pullulent plus que dans toute autre région de l’Afrique .La mouche tselsé ou telle autre espèce analogue infeste certains districts,et les voyageurs ne peuvent les traverser sans perdre tous leurs chevaux.11 n’est pas rare de rencontrer des ntjotkoinn ou constructions de termitesdont les masses pyramidales, ressemblant à des cases de nègres, mais plussolides, résistent durant des siècles à l’action du soleil et îles averses;
1 YogtT, Zeitschrift , fiir Enlkunde, 1836.
4 Fulgence Frcsuel, Bulletin de lu Société de Géoijrapliie de Paris , 1S4Ü; — dTNcayrac (teLiUiluee, Mémoire sur le Soudan .
5 G. Nachtigal, Petermanns Millheilunyen. llefl VI, 1874.
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