OUADAI.
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voir en lui une sorte de cannibale pratiquant les arts de magie qui ont acquisà la l'ace des blancs la puissance industrielle et politique. Mais le voyageurétait heureusement un de ceux qui prennent au sérieux leur rôle de civili-sateur, et sa conduite discrète et toujours humaine lui valut bientôt denombreux amis. Des hommes qui dans les premiers jours l'évitaient aveceffroi en prononçant les versets de la fat ha comme formule de conju-ration, allaient maintenant au-devant de lui et s’étonnaient joyeuse-ment de ne, trouver dans l’étranger d’autre défaut que celui de ne pasrépéter avec eux : « Dieu seul est Dieu et Mahomet est son prophète ! »« Mais tu es meilleur que nous, disaient-ils, lu es bon et compatissant,tu ne mens pas, tu parles et tu lis l’arabe, tu ne bois pas même la bièrecomme nous et tu marches droit dans ta voie. » Grâce peut-être à cetteheureuse influence, de nouveaux explorateurs, Matleucci et Massari,ont pu se présenter, eu 1879, pour continuer l’œuvre de Aachligal ;mais ils durent traverser rapidement le pays, accompagnés de surveil-lants, et modifier l’itinéraire qu’il s’étaient. Iracé d’avance, la guerredu Soudan ayant interrompu les communications vers le littoral de laMéditerranée 1 .
Proportionnellement les Arabes ou du moins les «arabisés» sont beau-coup plus nombreux dans le Ouadaï (pie dans les autres parties du Soudan éloignées du bassin nilolique; cependant ce n’est pas à eux qu'appartient ladomination politique : les races indigènes ont gardé la prépondérance etc’est un groupe nigrilieti de tribus, les Ma lia, qui se prétend noble entretous. Les Maba, qui, d’après Nachtigal , comprendraient environ la septièmepartie de la population, habitent le Ouadaï proprement dit au nord de larivière Beteha, jusqu’au confient de ce cours d’eau avec la Batha: en outre,des peuplades [tins nombreuses, apparentées par la race, mais dépourvuesdu privilège de la naissance, habitent [tins au sud la vallée de la Batha. Lanoblesse originaire des Maba est attribuée à l’ancienneté de leur conver-sion à l’Islam : ils se vantent d’avoir répandu la nouvelle foi dans la con-trée. D’ailleurs le premier rang appartient à leur race : on célèbre surtoutles hauts faits des Kodoï ou « Montagnards » qui vivent dans la région ro-cheuse du nord-estel que les Arabes désignent d’ordinaire sous le nom deBou-Senoun ou « Pères de la Dent » à cause de la couleur rougeâtre deleurs dents, due à l’eau de leurs montagnes. La langue des Maba, le bonimabcuuj, commune à toutes les tribus de la même race, est très répandue
1 Delta \edova, Pellegrino Matleucci cil il suo diario inedito; — Bollellino delta Socielà Geogra-jka llaliana, die. 1881.