NOUVELLE GEOGRAPHIE UNIVERSELLE.
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ilaioul <|ne les Aoulad-Slimàn fussent venus faire récolte; ce que lemaître dédaignait devait suffire aux propriétaires tremblants. En vain desmissionnaires senoùsiya les ont-ils menacés de l’enfer s’ils continuaient depiller et de Inerties coreligionnaires : ils n’ont point observé la paix del’Islam , car ils n’ont d'autre industrie que celle de la guerre; le travailest une honte pour eux. « Il est vrai, dirent-ils à Nachtigal, il est vraique nous vivons dans l’injustice et le péché; mais pour gagner autrementnotre vie il faudrait travailler. Nos pères n’ont jamais fait œuvre de leursmains, et ce serait tint' honte, une trahison, que de faillir à leur exemple.D’ailleurs, pourquoi les maudits païens sont-ils sur la terre, si ce n’estpour travailler à la place des hommes d’une plus noble race? » Ces« païens » dont ils parlent sont presque tous maliométans, au moins denom : ils ne diffèrent des Aoulad-Slimàn que par la race, non par lareligion, et même pour l'origine ethnique les différences s’effacent peuà peu, car les fils des envahisseurs arabes prennent pour épouses desfemmes de toute provenance, du Kànein et du llornou, de l’Ennedi, duOuadaï et du Jlaghirmi. 11 est probable que la tribu des « Salomoniques »,graduellement modifiée par les croisements et le climat, perdra peu àpeu celte énergie première qui lui a permis de se tailler un vaste empireà 1(5(11) kilomètres en droite ligne des vallées paternelles. Les derniers récitsapportés de ces contrées par les marchands et les missionnaires senoùsivafont prévoir que la domination du Ouadaï finira par remplacer dans leKànem celle des Aoulad-Slimàn.
Les Mgharba, qui viennent du Eez/an et qui, jadis ennemis héréditairesdes Aoulad-Slimàn, se sont réconciliés avec eux pour « dévorer » les habi-tants du Kànem, campent d’ordinaire à l’est, dans le voisinage des steppesde Maugn. D’autres Arabes, —nom sous lequel on comprend d’ailleurs destribus berbères ou berbérisées, qui maintenant se modifient d’une autremanière par le mélange de sang nigritien,— se sont établis en diversesparties du Kànem. Le groupe le plus considérable, meme supérieur ennombre aux clans des Aoulad-Slimàn, est celui des Toundjou ou Toundzerqui s’est avancé jusqu'aux limites sud-orientales du pays, entre le Tzàdé etle bahr el-Chàzal. C'est le même peuple que l’on rencontre aussi dans le.Ouadaï et surtout dans le For. Arrivés dans la contrée depuis une périodedéjà lointaine, ils se sont accommodés au climat et aux mœurs du Kànembeaucoup mieux que les autres Arabes, et quelques-unes de leurs institu-tions ne diffèrent pas de celles des Kànom-bon. l u de leurs villages ^ ile nom de lounis, en souvenir de la cité des environs de laquelle sontvenus leurs ancêtres.