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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
dispute au colosse d’Arménie et à tant d’autres montagnes l’honneurd’avoir reçu sur ses lianes les ancêtres du genre humain*.
Les limites du royaume ne sont indiquées d’une manière précise qu’àl’est, par le lac Tzàdé et le cours du fdiari. Au nord il ne peut y avoir defrontières, puisque la transition entre la région des pâturages et le désertvarie avec les vents, les pluies et tous les phénomènes du climat, et queles pillards, Aoulad-Slimàn ou Touareg, obligent souvent les pacifiquescultivateurs à reculer vers le sud. J .es bornes méridionales sont aussi fortincertaines, une guerre presque incessante régnant entre les popula-tions musulmanes et les peuplades païennes de la région montagneuse. Al’ouest, le tracé de délimitation entre les Etats policés du Hornou et dulfaoussa est assez bien marqué, mais les guéries et les révolutions localesl'ont souvent modifié. 11 serait donc impossible d'indiquer la superficieréelle du royaume : d’une manière approximative Machtigal l’évalue à1 40 000 kilomètres carrés. Quant à la population, llarlli la croit supérieureà cinq millions d’habitants, etAachligal, qui a pu étudier la contrée d’unemanière plus complète et plus approfondie, admet ce chiffre comme leplus probable. La densité de la population dans le Hornou serait donc à peuprès la moitié de celle de la France .
Très mélangés d’origine, les Beraouna ou gens du Burnou offrent uneétonnante diversité pour la couleur, la stature et les traits : dans cetterégion, où des hommes appartenant à tant de races diverses sont venus serencontrer pour le commerce ou se heurter en bataille, se déplacer lente-ment à la suite d’invasions, aucun type précis ne s’est maintenu; il fautse rendre parmi les populations à demi indépendantes qui vivent dans lesdistricts écartés [tour trouver des groupes nombreux se ressemblant-par lestraits caractéristiques du corps, du crâne et du visage. Au point de vue dela beauté physique, le mélange à l’infini des éléments ethniques n’a pas eude résultats favorables pour les habitants du Hornou. De faille moyennepour la plupart, ils sont lourds, dépourvus d’équilibre naturel dans leursmouvements, et leurs figures tatouées, d’un noir tirant sur le gris ou surle rouge, n’ont jamais la régularité que l’on remarque chez leurs voisins,les Tedaet les Kànem-bou. D’ordinaire les femmes sont encore plus laidesque les hommes et la graisse déforme leurs membres.
Le nom de Kanouri que portent depuis quelques siècles les habitants duHornou n’est point un nom de race : il désigne simplement les résidentspolicés avec lesquels se fondent peu à peu les éléments ethniques différents
1 Denham ut Ctappei-ton, Wanderinys and Discoverirs.