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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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NOUVELLE G É O G R .V I‘ IIIE UNIVERSELLE.

d’analogies lointaines qu’avec les dialectes des Mousgo et des Bâbir; parcertains caractères, ils formeraient la transition entre les langages nigri-tiens et ceux des Bantou de l'Afriqjuc méridionale. IMiysifiiiement les Margliidiffèrent également des populations voisines. Quand on vient de quitterle pays des Kanouri ou celui des Makari, gros, lourds, dispropor-tionnés, on admire la magnifique [(restaure do ces hommes Bien décou-plés, aux traits presque européens, à la liouche à peine lippue, au frontpuissant, aux cheveux crépus, mais non laineux, au teint rougeâtre ouBronzé : ceux d’entre' eux dont la peau est noire paraissent cire d’originemélangée. Il est des femmes marglii qui pourraient se comparer auxbeautés leda pour la régularité des traits, la grâce et la souplesse du corps.I.a plupart n’ont d’autre vêtement qu’un pagne, mais elles s’ornent levisage au moyen d’un petit cône de métal qu’elles s’introduisent dans lapeau du menton, immédiatement au-dessous de la lèvre inférieure : d’ail-leurs cet objet brillant, fort pénible et même douloureux à porter, ne paraîtpoint laid aux yeux des Européens et contraste agréablement avec lebronze mat de la peau. Les Marglii n’ont pas de villages proprement dits :leurs buttes, dont le sol battu est exhaussé au-dessus de la terre environ-nante, sont toujours isolées et entourées des cultures appartenant à lalamille. En cas d’incendie il est rare que le feu puisse se propager d’unecabane à l’autre; mais, dans un pays souvent visité par des chasseurs d'es-claves, il (>ù( été nécessaire île groupe/’ les demeures et de les entourerd une enceinte. One de fois les _ ’" _ es habitants d’une cabane ont été

surpris, bâillonnés et emmenés par des marchands, sans que leurs voisinsse soient aperçus du crime! Ouand Bartli vint les visiter, non pour leur

faire du mal, comme tous les étrangers, mais pour leur tendre la main et

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leur parler eu ami, il s’imaginèrent qu’un dieu leur était apparu pour leurfaire oublier, pendant un jour, les maux et les terreurs de la vie. LesMarglii ne se sont pas encore accommodés à l’état social nouveau, causépar de fréquentes guerres : ils ont les mœurs qui conviendraient à unenation confiante dans sa force; au milieu du siècle ils pouvaient équiper àla fois ôtlOOO guerriers. Ces noirs ne pleurent que leurs jeunes hommes,et se réjouissent même quand un vieillard, las de la vie, est recueillivers ses pères. A certains égards, quoique réputés barbares, les Margliisont [dus civilisés que leurs voisins ; ainsi ils pratiquent depuis long-temps l’inoculation, presque inconnue dans le reste du Bornou .

A l’autre extrémité du royaume de Bornou , la région nord-occidentale estoccupée par les Manga , peuple bien distinct des lxanouri et se rattachantpeut-être aux !So, comme les karibina. A demi sauvages, ils ont un lam-