Band 
Livre XII. L'Afrique Occidentale.
Seite
706
JPEG-Download
 

700

N 01'VE LL K GÉOGRAPHIE INI YERSELLE.

lieu vers 1850, à la suite des ardentes prédications d’un missionnairefoula : c’est par milliers que les habitants de quelques villes le suivirentpour l’accompagner à la Mecque : on cite des bourgades qui furent com-plètement abandonnées. Tous ces Arabes, de race plus ou moins pure,allèrent augmenter le nombre de ces Takroùr ou Takarir qui étonnentles sceptiques habitants de la Mecque par la ferveur de leur foi'.

La langue kanouri, qui est le plus puissant élément d’assimilation pourtoutes ces populations d’origine diverse, se distingue parmi les idiomesnigritiens par des traits qui témoignent de son étroite parenté avec lesparlers des Teda et des Baelé et par conséquent de sa provenance septen-trionale; cependant on remarque aussi entre le kanouri cl les languessoudanienncs, telles que le haoussa, les dialectes d’origine so, le baghirmi,(l’étonnantes analogies de syntaxe et de vocabulaire, notamment pour lesnoms les plus usuels et les formes verbales le plus fréquemment employées.Quelle que soit l’autorité spéciale que donne à l’arabe la possession d’un« Livre », celle langue n’est point devenue dans le Soudan l’idiome, parexcellence; en comparaison du kanouri, plus souple, plus apte à se renou-veler, mais qui n’a pas encore son alphabet spécial, l’arabe est une languemorte, respectée, mais hors d’usage. De même que le peuple qui le parle,il a perdu de son influence dans la partie du momie soudanien dont lelac Tzâdé occupe la dépression centrale. A la cour de lvouka l’araben’est plus le langage officie) et même ceux qui le savent affectent de se lefaire traduire par un interprète*.

Le peuple kanouri se distingue par des qualités remarquables. Les Be-raouna sont très laborieux, et, si ce n’est dans les classes supérieures, on nevoit point chez eux de maris ni de pères qui rejettent le fardeau du travailsur les femmes ou les esclaves. Presque tous monogames, les cultivateursdu Bornou travaillent dans les champs chacun avec sa femme; de mêmepour les métiers, ils s’occupent ensemble du tissage, de la teinture ou dela poterie. Les femmes sont tenues pour des égales de l’homme, mais ellesont droit à ses prévenances : on leur doit le premier salut. La sobriété est

1 Populations diverses du Bornou , d'après Nacbligal :

Kanouri. 1 500 000 )

Kànem-bou, Koyam, Teda, Itàza, etc. 750 000 j

Makari et Keribina. 750 000 )

Mandant, Gamergou, Marghi, etc.250 000 !

Manga.

Haoussaoua, Foula, Touareg.

Arabes.

s G. Rohlfs, ouvrage cité.

2 250 000

1 000 000

750 000050 000100 000