NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
40
cependant il est encore de proportions superbes, atteignant ‘2098 mètres.Aucune de ces montagnes n’émet de flammes; parfois on a parlé defumées s'échappant du pic suprême, mais il est trop facile de confondreavec des volutes de fumée des brumes qui se déchirent et que le vent em-porte pour que l’on n’attende pas à cet égard des témoignages précis. Jus-qu'à nos jours aucune éruption n'a été racontée parles insulaires.
De toutes parts les eaux descendent des montagnes de Fernando-Po encascalelles, même en ruisseaux; chaque vallon, chaque vallée a son cou-rant, qui renouvelle la force de production du sol et entretient la fraîcheuret l'éclat de la végétation ; chaque arbre est revêtu de toute une forêt mi-nuscule d’orchidées, de fougères, de bégonias, et de chaque branche pen-dent des mousses Huilantes. Les fourrés de plantes entrelacées sont unobstacle plus grand encore que la raideur des pentes à l’exploration del’ile; cependant elle a été visitée dans tous les sens, et le pilon central, demême que les cônes voisins, également percés de cratères, a été plusieursfois escaladé depuis l’ascension faite par Becroft, le même qui remontale premier la rivière Oyono. Des arbres touffus se voyaient jusque dansl’intérieur du cratère'; mais, lors d’une ascension ultérieure, Mann con-stata (pie toute la zone supérieure de la forêt avait été brûlée par les Boubipour faire descendre le gibier vers les forêts basses de la montagne.L’exubérance de la végétation arborescente dans Fernando-l’o provient dela quantité des pluies qu'apportent les moussons du sud-ouest, souillantrégulièrement pendant la plus grande partie de la saison pluvieuse; lestempêtes, toutes désignées sous le nom de tornades comme les vents àmarche giratoire, interrompent fréquemment les alizés et les moussons etdéversent parfois une masse d’eau considérable sur les hauteurs de l’ile.M. Pellon parle d’une trombe dont les nuages crevés ré ’irent sur le solen une heure une couche liquide épaisse de 150 millimètres 5 . Nul douteipie dans les cirques élevés des montagnes il ne tombe des pluies encoreplus abondantes : on le voit aux amas de nuages qui se forment dans leszones élevées de File, cachant presque toujours les cimes, souvent mêmependant la saison qui pour les pentes inférieures est celle des séche-resses.
Grâce à la hauteur de ses montagnes, s’élevant de la zone torride dans
1 Mann; — Burton, Abeokuta and IhcCamaroons Mountains.
* Température moyenne à Sanla-Isabel, capitale de Fernando-Pn : 25°,60 (2ù°,4i).Températures extrêmes : 52°,8 en février 1871 et 19°, 1 en septembre 1862.Jours de pluie : 167. Moyenne des pluies : 2",577 (5“,057 d'après Rev).
(Bulletin de la Société de Géographie de Paris, 1878.)