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sa traversée du continent, en suivant le cours du 11 cuve, on reconnut lanécessité de ce grand travail, mais jusqu’à maintenant on n’a pu en faireencore que les études préliminaires. Si la région du bas Congo n’appar-tenait pas à plusieurs puissances, le tracé que l’on ne manquerait pasd’adopter serait celui de la rive septentrionale. Partant de Borna, la capi-tale, le chemin de 1er pourrait se diriger presque en droite ligne vers lenord-est, suivant le faîte entre les courts affluents du Congo et les eauxqui descendent vers le Chi-Loango et le Niadi-Kouilou; mais la voie de-vrait alors passer sur le territoire, annexé aux possessions françaises etprendre pour station terminale le poste de Brazzaville , sur le Slanley-Pool, à moins, comme le propose M. Grenfell, qu’un viaduc ne traversât lelleuve à l’un ou l’autre défilé des cataractes pour gagner la rive gauche enaval de Manyanga. Or l’Etal du Congo tient à ce que la ligne de pénétra, -tion se trouve en entier sur son territoire; aussi favorise-t-il surtout letracé qui se maintient sur la rive gauche, de Matadi , pies de la frontièreportugaise, à la station de Kinchassa, en amont des cataractes. Sur ce tracé,qui n’a encore été reconnu que d’une manière sommaire, la rampemoyenne, en admettant que la voie ferrée eût le même développement quele sentier des porteurs, n’atteindrait pas même la faible pente d’unmètre par kilomètre; mais ce que l’on connaît des régions à traverser11 e permet pas d’espérer que l’ascension [misse se faire suivant uneinclinaison graduelle. Longer la rive aux brusques détours, aux abruptspromontoires de granit, serait une œuvre des plus coûteuses ; peut-êtreplus coûteuse encore celle de s’éloigner du lleuve pour monter et des-cendre succcessivement toutes les arêtes intermédiaires qui séparent lesprofondes vallées parallèles, découpées dans l’épaisseur du plateau. Laconstruction de la voie sera donc pénible, d’autant plus qu’il faudra proba-blement importer des ouvriers de contrées lointaines, du Niger ou mêmede la Sénégambie. Aux difficultés de l’œuvre comme entreprise industrielles’ajouteront celles de l'acclimatement pour tout le personnel d’étran-gers, blancs et noirs, qui se [tressera sur les chantiers. On peut se deman-der si dans les conditions actuelles les dépenses considérables occasionnéespar l’établissement de cette ligne seront payées par l’accroissement dutrafic; et pourtant si le chemin de fer ne se construit pas, « tout l’État duCongo, quelle que soit l’immensité de ses ressources, ne vaudra pas unepièce de deux shillings. » C’est ainsi que s’exprime Stanley même, le pre-mier explorateur du Congo *. De grands avantages sont assurés à la future
1 Procccdings of tlie R. Geographical Society, October I88U.