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Livre XIII. L'Afrique Méridionale.
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sa traversée du continent, en suivant le cours du 11 cuve, on reconnut lanécessité de ce grand travail, mais jusquà maintenant on na pu en faireencore que les études préliminaires. Si la région du bas Congo nappar-tenait pas à plusieurs puissances, le tracé que lon ne manquerait pasdadopter serait celui de la rive septentrionale. Partant de Borna, la capi-tale, le chemin de 1er pourrait se diriger presque en droite ligne vers lenord-est, suivant le faîte entre les courts affluents du Congo et les eauxqui descendent vers le Chi-Loango et le Niadi-Kouilou; mais la voie de-vrait alors passer sur le territoire, annexé aux possessions françaises etprendre pour station terminale le poste de Brazzaville , sur le Slanley-Pool, à moins, comme le propose M. Grenfell, quun viaduc ne traversât lelleuve à lun ou lautre défilé des cataractes pour gagner la rive gauche enaval de Manyanga. Or lEtal du Congo tient à ce que la ligne de pénétra, -tion se trouve en entier sur son territoire; aussi favorise-t-il surtout letracé qui se maintient sur la rive gauche, de Matadi , pies de la frontièreportugaise, à la station de Kinchassa, en amont des cataractes. Sur ce tracé,qui na encore été reconnu que dune manière sommaire, la rampemoyenne, en admettant que la voie ferrée eût le même développement quele sentier des porteurs, natteindrait pas même la faible pente dunmètre par kilomètre; mais ce que lon connaît des régions à traverser11 e permet pas despérer que lascension [misse se faire suivant uneinclinaison graduelle. Longer la rive aux brusques détours, aux abruptspromontoires de granit, serait une œuvre des plus coûteuses ; peut-êtreplus coûteuse encore celle de séloigner du lleuve pour monter et des-cendre succcessivement toutes les arêtes intermédiaires qui séparent lesprofondes vallées parallèles, découpées dans lépaisseur du plateau. Laconstruction de la voie sera donc pénible, dautant plus quil faudra proba-blement importer des ouvriers de contrées lointaines, du Niger ou mêmede la Sénégambie. Aux difficultés de lœuvre comme entreprise industriellesajouteront celles de l'acclimatement pour tout le personnel détran-gers, blancs et noirs, qui se [tressera sur les chantiers. On peut se deman-der si dans les conditions actuelles les dépenses considérables occasionnéespar létablissement de cette ligne seront payées par laccroissement dutrafic; et pourtant si le chemin de fer ne se construit pas, « tout lÉtat duCongo, quelle que soit limmensité de ses ressources, ne vaudra pas unepièce de deux shillings. » Cest ainsi que sexprime Stanley même, le pre-mier explorateur du Congo *. De grands avantages sont assurés à la future

1 Procccdings of tlie R. Geographical Society, October I88U.