NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
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lemenl, et quadruple en d’autres années. On a vu tomber plus d’un demi-mètre d’eau dans les saisons favorables ; d’autres lois on n'en a recueilli quele quart, ou moins encore. Dans l'intérieur de la contrée le manque depluies a maintes fois eu des disettes ou même des famines pour consé-quence, et la dépopulation du pays, en même temps que l’accroissementnotable du nombre des esclaves malheureux qui se vendaient pour vivre,a été la suite fatale du manque de nourriture 1 . Dans les districts du nord,les premières pluies sont toujours malsaines; l’air se trouve alors empestédes gaz impurs qui saturent le sol poreux, mêlés aux débris végétaux, et quel’eau fait soudain refluer au dehors 5 . Dans la direction du nord au sud, laproportion des pluies qui tombent sur la zone côtière diminue progressive-ment : abondantes à San-Salvador 3 , faibles à Loanda , elles cessent;! Mossà-medesetsur le bassin inférieur du Cunéné ; on se trouve là sur les confinsdu désert, mais aussi dans la région la plus salubre d’Angola , grâce à lasécheresse de l’air et du sol, aussi bien qu’à la fraîcheur relative de latempérature. Déjà sur les plateaux qui bordent au sud le cours du liasCuanza , les indigènes quissama sont obligés de garder l’eau de pluie dansles troncs creusés des baobabs*; ce qui a fait croire, mais à tort, que leurnom portugais d’ imbomleiro aurait le sens d’arbre à bonde”.
Depuis les explorations de Welwitsch dans la province d’Angola , la facede la contrée est connue dans ses traits généraux et il ne reste plus qu’à enétudier les détails. C’est donc en toute justice que l’on a donné le nom dusavant botaniste à la plante la plus curieuse de cette partie du continent, lawchritschia mirabilis. Cet arbre, car c’est un arbre, quoiqu’il ressembleplutôt à un champignon de forme bizarre, croît dans la région de Mossà-medes : il ne dépasse pas au nord la bouche du oued de Sào-Nieolau et sevoit au sud du Cunéné , dans le pays des Dama-ra; on dit qu’il peut vivrependant un siècle. A quelques centimètres au-dessus du sol, le tronc, quiatteint jusqu’à 5 et 4 mètres de tour, se termine brusquement par une sur-face horizontale que Welwitscb compare à une « table ronde », mais elleest fendue et crevassée dans tous les sens. De ses bords extérieurs sedétachent, deux feuilles épaisses de près de 2 mètres en longueur, quiressemblent à deux disques de cuir : ce sont les premières feuilles de laplante qui ont persisté depuis la germination et qui se sont développées
1 J. Chavanne, Petermann's Milleilunycn, 1886, lleft IV.
i Peseluiel-Loselie, Loanyo-E.rpediiion.
3 Pluies à San-Salvador en 188 i :
65 jours et 880 millimètres d’eau. [Missions Catholiques , von Danekelinann.)
4 .1. .1. Monleiro, ouvrage cité.