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lavent plus, mangent à peine, ne vont pas même cultiver leurs champs.Durant des mois le cadavre est conservé dans une hutte placée eu face dupalais, que décore une figure symbolique du souverain, à laquelle'onappoi'te religieusement ses repas quotidiens. Après la dessiccation desmembres, préalablement rompus, le corps est recouvert d’argile, puisenroulé d’une étoffe de soie et de pièces de coton : chacun apporte lasienne et bientôt l’enveloppe de la momie occupe toute la largeur de lacabane. Quand le corps esl enfin transporté au lieu de sépulture con-sacré, il faut (jue le convoi se fasse en droite ligne : toutes les cases situéessur le parcours de la procession sont démolies 1 , (die/ les Mou-Sorongo,le roi n’était enterré officiellement que douze ans après sa mort, commesi les sujets se refusaient à croire que leur chef eût cessé de vivre.
Rentrée dans le centre d’attraction de la civilisation européenne, San-Salvador a été visitée récemment par un grand nombre de voyageurs. RomPedro Y, le roi du Congo qui réside dans la vieille cité, est devenu, commel’étaient ses ancêtres, le vassal du gouvernement de Lisbonne ; des facto-ries, de France, de Portugal , de Hollande, se sont fondées à côté de la de-meure royale, et des missionnaires, presque aussi respectés que le roi, ontfait de San-Salvador un centre de propagande pour la reconquête des popu-lations au culte catholique; en 1885, ils comptaient, d'après Chavanne,environ "2000 convertis. Cependant la capitale n’est pas très populeuse; en1885, les résidents n’y étaient qu’au nombre d’environ sept cents, dontneuf Européens; mais plusieurs centaines de visiteurs étaient attirés tem-porairement par le commerce et les porteurs allaient et venaient sans cessesur les roules d’alentour 5 . Dans le district de San-Salvador , la kitanda deLembelo, au point de croisement de plusieurs chemins, est le principal mar-ché au caoutchouc que possède la zone de liberté commerciale au sud duCongo : une ou deux fois par mois, les intermédiaires des traitants viennenty discuter leurs affaires et y échanger leurs denrées. Une grande place om-bragée d’arbres, qui occupe le centre du marché, était jadis un lieu d’exé-cution et des crânes y blanchissent, suspendus aux branches. Lorsqu’unmalheureux avait été décapité, les membres de sa famille étaient obligés,dit-on, de manger quelques morceaux de la main du cadavre 3 .
Au sud du cap Padrào se succèdent plusieurs factories entourées devergers et de plantations : Mangue Pequeno, Cabeça de Cobra, MangueGrande, où l’on cultive surtout le sésame et où l’on peut se procure] 1 les
' Ail. liastian, E'm Besuch in San-Salrador.8 .1. Chavanne, mémoire cité.z lîarroso: —J. Chavanne.