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Livre XIII. L'Afrique Méridionale.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

tonsure : cest le symbole de leur virilité. Linlluenee des missionnaires,celle des traitants, ont fait ouvrir des roules de commerce à travers leterritoire tebelé, et le voisinage des troupes de blancs disciplinés, Anglais et Hollandais, oblige l'héritier du conquérant à une grande circonspection.11 est t à craindre pour lui que la richesse de son royaume en gisementsdor ne finisse par lui amener des maîtres. Lorsquun envoyé de la répu-blique du Transvaal vint demander à Moussclckalsi pour les mineurseuropéens l'autorisation dexplorer le pays, il sy refusa nettement : «Prenezces pierres et chargez-en vos xvagons; mais je ne veux pas quon amèneici femme hollandaise, vache, brebis ou chèvre, ni quon bâtisse de mai-sons dans mon pays ! »

Un certain nombre de peuplades tributaires des Ma-Tebclé sont néanmoinsassez éloignées de la résidence du chef ou assez bien défendues par la na-ture du sol pour garder quelque indépendance politique. Un de ces groupesde tribus est celui des Ba-Xyaï, qui occupe le versant méridional de la val-lée du Zambèze , en amont de la bouche du Kafoukoué, et dont les commu-nautés choisissent dordinaire des forteresses de rochers pour leurs de-meures. Les Ba-Xyaï sont en général de beaux hommes : ils sont grands etforts et tirent vanité de la nuance de leur peau, relativement claire. Trèspropres, ce en quoi ils se distinguent de la plupart de leurs voisins, ilssoignent aussi leur chevelure, divisée eu petites mèches, quils entourentdune écorce d'arbre teinte en rouge : celte coiffure en bandelettes rigidesleur donne un aspect qui rappelle celui des Égyptiens dil y a trois milleannées. Quand ils voyagent, ils relèvent toutes les mèches et les ras-semblent en nœud au-dessus du crâne. Les Ba-Xyaï nont pas les mœursserviles de leurs voisins : ils élisent leurs chefs. 11 est vrai que le souve-rain élu est dordinaire le fds de la sœur du défunt; mais il est arrivéfréquemment que les électeurs, non satisfaits de ce candidat, sont alléschercher leur roi chez d'autres peuplades. Quand le choix du peuple estannoncé à lélu, celui-ci refuse dabord, comme si on le chargeait dunfardeau trop lourd à porter; mais ce nest quune fiction constitution-nelle : lautorité lui reste confiée, et, avec le pouvoir, les biens, les femmeset les enfants de son prédécesseur 1 . 11 nest pas de tribu africaine chezlaquelle les femmes jouissent dune aussi grande influence que chez lesBa-Xyaï : en toute affaire domestique cest la femme qui décide. Quandun jeune homme demande une jeune fille en mariage, cest à la mèrequil sadresse, et sil est agréé, il quitte sa propre famille pour aller vivre

1 D. Livingstone, ouvrage cité.