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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
tonsure : c’est le symbole de leur virilité. L’inlluenee des missionnaires,celle des traitants, ont fait ouvrir des roules de commerce à travers leterritoire tebelé, et le voisinage des troupes de blancs disciplinés, Anglais et Hollandais, oblige l'héritier du conquérant à une grande circonspection.11 est t à craindre pour lui que la richesse de son royaume en gisementsd’or ne finisse par lui amener des maîtres. Lorsqu’un envoyé de la répu-blique du Transvaal vint demander à Moussclckalsi pour les mineurseuropéens l'autorisation d’explorer le pays, il s’y refusa nettement : «Prenezces pierres et chargez-en vos xvagons; mais je ne veux pas qu’on amèneici femme hollandaise, vache, brebis ou chèvre, ni qu’on bâtisse de mai-sons dans mon pays ! »
Un certain nombre de peuplades tributaires des Ma-Tebclé sont néanmoinsassez éloignées de la résidence du chef ou assez bien défendues par la na-ture du sol pour garder quelque indépendance politique. Un de ces groupesde tribus est celui des Ba-Xyaï, qui occupe le versant méridional de la val-lée du Zambèze , en amont de la bouche du Kafoukoué, et dont les commu-nautés choisissent d’ordinaire des forteresses de rochers pour leurs de-meures. Les Ba-Xyaï sont en général de beaux hommes : ils sont grands etforts et tirent vanité de la nuance de leur peau, relativement claire. Trèspropres, ce en quoi ils se distinguent de la plupart de leurs voisins, ilssoignent aussi leur chevelure, divisée eu petites mèches, qu’ils entourentd’une écorce d'arbre teinte en rouge : celte coiffure en bandelettes rigidesleur donne un aspect qui rappelle celui des Égyptiens d’il y a trois milleannées. Quand ils voyagent, ils relèvent toutes les mèches et les ras-semblent en nœud au-dessus du crâne. Les Ba-Xyaï n’ont pas les mœursserviles de leurs voisins : ils élisent leurs chefs. 11 est vrai que le souve-rain élu est d’ordinaire le fds de la sœur du défunt; mais il est arrivéfréquemment que les électeurs, non satisfaits de ce candidat, sont alléschercher leur roi chez d'autres peuplades. Quand le choix du peuple estannoncé à l’élu, celui-ci refuse d’abord, comme si on le chargeait d’unfardeau trop lourd à porter; mais ce n’est là qu’une fiction constitution-nelle : l’autorité lui reste confiée, et, avec le pouvoir, les biens, les femmeset les enfants de son prédécesseur 1 . 11 n’est pas de tribu africaine chezlaquelle les femmes jouissent d’une aussi grande influence que chez lesBa-Xyaï : en toute affaire domestique c’est la femme qui décide. Quandun jeune homme demande une jeune fille en mariage, c’est à la mèrequ’il s’adresse, et s’il est agréé, il quitte sa propre famille pour aller vivre
1 D. Livingstone, ouvrage cité.