NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
B;mda, moindres encore, lundis que la grande île de Ceram en est unesimple dépendance; de même dans le groupe du nord, la « GrandeTerre » est un vaste domaine presque désert, partagé entre les deux sou-verains des deux volcans insulaires, Termite et Tidore.
Les Moluqnes du nord, plus encore que celles du sud, se distinguentpar une remarquable « localisation » des espèces. Chacun des îlots a sesformes qui lui appartiennent en propre et que l’on ne retrouve pas dansles terres voisines'. C’est ainsi que dans l’ile de Morotaï on trouve desoiseaux de vol puissant que l’on a vainement cherchés dans la grandeterre d’IIalmahera, dont elle n’est séparée que par un détroit de 40 kilo-mètres, parsemé d’îles nombreuses. Morotaï, au nord d’IIalmaliera, demême que Damar, au sud de la même île, ressemblent plus par leurfaune à l’archipel extrême de la Papouasie qu’à celui des Moluqucs, dontelles ne sont sans doute qu’un fragment 5 . De toutes les îles de ces parages,la plus remarquable pour les naturalistes est Baljan. Dans ses forêts demuscadiers et d’autres essences, on rencontre des cynopithèques, les singesqui habitent, du côté de l’orient, le plus loin de leur centre de dispersion.On y trouve aussi des civettes, qui, d’après Wallace, ont pu être introduitesaccidentellement parties immigrants malais ou chinois. Il n’est pas rarede voir ces étrangers amener avec eux des animaux d’espèces diverses :des accidents peuvent vider les cages et peupler la forêt.
Les immigrants malais sont nombreux dans les petites Moluques et encertaines îles constituent la majorité : ce sont eux qui, après avoir pris piedà Termite et à lidore, ont fait la conquête de tout l’archipel et s’assimilentgraduellement le reste de la population. Leur type primitif paraît êtrerapproché de celui des gens de Macassar; mais, ayant pris pour épouses deslilles alfourou, ils présentent de grandes différences d’aspect et de carac-tère : leur langue même n’est malaise que par la formation, et le vocabu-laire est surtout alfourou. Les habitants de Baljan, de Ixajoa et ceux descôtes méridionales d’IIalmahera sont presque tous de ces Malais croisés, ets’ils se distinguent nettement des Alfourou de l’intérieur, c’est principale-ment par les mœurs et la religion : ils sont mahométans, et comme telsse sentent solidaires des populations policées de l’Jnsulinde. Ln autre élé-ment ethnique, croisé comme celui des Malais et se distinguant aussides Alfourou par sa civilisation relative, est celui des Orang Serani ou
1 Raffray, Archives (les missions scientifiques et littéraires, lome IV, 1877 : — Wallace, Malaq.1 rchipelaqo.
1 Wallace, ouvrage cité; — Bernstein, Zeitschrift für allcjemeine Erdknnde, jult ]865; —Blcoker, Reise naar en door de Jlinahassa.