Band 
Livre XIV. Océan et terres océaniques.
Seite
550
JPEG-Download
 

NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

5.)0

sangley était-i 1 chasse quon linvitail à revenir. .Malgré le mépris de lEu-ropéen et la haine du Tagal , le Chinois a son faubourg dans chaquecité, et cest à lui que revient le plus clair du prolil sur les échanges.On a cherché aussi à lemployer dans les travaux des plantations, au dé-triment des ouvriers indigènes, mais, comme aux Etats-Unis et en Aus­ tralie , les travailleurs du pays, menacés dans leurs moyens dexistence,ont fini par évincer leurs rivaux. En 1887, le nombre de Chinois de racepure était évalué par Escohar y Lozano à 55 000, proportion minime encomparaison de celle des Malais ; mais il est très rare que les immigrantsamènent des femmes avec eux : un recensement de 1870 comptait dansles Philippines 120 Chinois pour une seule Chinoise. La plupart retour-nent dans la mère patrie après avoir fait fortune, non sans laisser der-rière eux une famille de métis. Il est vrai que la loi espagnole les oblige àse convertir avant de prendre femme ; toutefois ils nont point de répugnanceà se laisser baptiser et ils trouvent facilement des épouses, moyennant undouaire suffisant pour parer aux chances dabandon. Les métis chinois fontsouche à leur tour, et la race, qui rappelle beaucoup plus le type chinoisdu père que celui de la mère tagal, vicol ou visaya, prospère dune ma-nière étonnante. Ce sont les Chinois de sang mêlé qui constituent la bour-geoisie des îles, tandis que les blancs occupent les fondions publiques etque leurs métis sont pour la plupart de petits propriétaires.

Les Espagnols se présentèrent dans larchipel quarante-quatre ans aprèsla mort de Magalhàes. Miguel de Logaspi apparut dabord, comme son de-vancier, devant l'ile de Celui, puis il conquit Panay , et en 1571 cingla versManille pour y fonder le centre, de la puissance castillane. Cràee à la dis-cipline et aux armes européennes, il eut facilement raison des petits princesdu nord; mais la conquête de larchipel na jamais été complète; encoremaintenant elle est loin dêtre achevée. En proportion, les 14 000 Espa-gnols des Philippines ne sont pas plus nombreux que les Hollandais danslinsulinde. Quoique désignées abusivement sous le nom de « colonies ».ces îles ne sont que des possessions : les Espagnols y sont toujours des maî-tres étrangers, faisant travailler les indigènes, mais ne travaillant pointeux-mêmes. Dailleurs ce sont, parmi les Européens, ceux qui supportentle mieux en moyenne le climat des Philippines : ils ont ,à craindre,comme les indigènes, mais à un moindre degré, parce quils sont mieuxnourris, toutes les maladies endémiques, lièvres paludéennes et dysente-ries; ils ont à redouter surtout lanémie, qui sattaque à eux, principale-ment aux femmes, après quelques années de séjour. Les Espagnols créolessont parfaitement acclimatés et font souche de familles nombreuses; mais