MARIANTES.
5 87
reprit la population d’autrefois. En 1700 il ne restait plus dans toutl’archipel que ltiof hahilants : c'est alors qu’il fallut avoir recours àdes colons tagal des Philippines , qui se mêlèrent aux descendants desindigènes 1 . Les insulaires considérés comme étant de race ehamorro [dusou moins pure n’étaient en 1877) qu’au nombre d’environ 000, surprès de 0000 individus. A elle seule, l'ile de Imam a les six septièmesde la population, qui s'est accrue régulièrement depuis l’épidémie derougeole qui sévit en 1850; Rota et Saypan ont chacune quelques cen-taines d’habitants; Tiniau n’a qu’un village et une léproserie. A part desfamilles de pêcheurs, personne n’habite les îles du nord 2 .
Si les Mariannais ont décru en nombre, ils ont également déchu en civi-lisation : quoique baptisés et sachant lire l’espagnol , ils ne connaissentplus les industries pratiquées parleurs ancêtres. Ils savent à peine cultiverle sol, qu’on labourait autrefois avec des instruments en bois et en fer, desos et des coquillages emmanchés. Ils ne connaissent plus l’art de lapoterie et leurs étoffes n’ont plus la même linesse; ils ne bâtissent [dusde ces maisons comme en vit Anson dans File dcTinian, portées par despiliers et des chapiteaux de sable et de pierres cimentés, d’une symétrieparfaite; enfui, ils n’ont plus pour canots que de grossiers monoxyles etnulle part on ne voit de ces barques à balanciers qui faisaient l’admira-tion d’Anson et des autres marins par leurs qualités nautiques. Construitspour naviguer du nord au sud et du sud au nord entre les îles, et parconséquent toujours [tris en travers par le vent alizé, ces esquifs étaientprécisément disposés pour recevoir le vent de côté et pour en utilisertoute la force : les Espagnols leur donnaient le nom de « volants » [touren indiquer la vitesse; les matelots d’Anson évaluaient à "20 nœuds, soità 57 kilomètres par heure, la marche de ces bateaux par un vent alizéfrais. Jetés parfois hors de leur route, ils abordèrent souvent à des îlessituées en dehors de l’archipel mariannais.
Le chef-lieu de l’archipel est Agaila, où plus de la moitié des insu-laires et tous les déportés politiques sont réunis : il s’y trouve aussi
' Felipe de la Corte y Ituano (laideron,
Revue Maritime et Coloniale,
janvier 1876.
* Superficie des
Mariait nés principales,
d'après Belnn et Wagner :
Gîtant. . . .
.514 kil.
carr.
Agrigan ....
Savpan....
»
Anatagan. . . .
.... 20 » ))
.150 »
»
Agnijan.
Rota.
.114 a
»
Àlamagan. . . .
.... 8 » a
l’atran....
.100 »
))