NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
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laires des Carolines olïrent aussi de grands conlrasles, d’un groupe àl'autre. Dans les îles occidentales, ils ressemblent aux Yisayas et aux Tagal :ils ont le teint clair. Dans les îles du centre, leur peau est d’un rougecuivré; plus à l’est, dans le groupe de Seniavin, ils sont presque noirs etressemblent à des Papoua; à Calan, l’île la plus orientale de la traînée, ilsont la peau encore plus foncée, leur chevelure est légèrement crépue. Dansl'ile Nukunor et à Satoan, la population descend d’immigrants de Samoa ,ainsi que le prouvent l’aspect physique, la langue et les mœurs. Enfin ilest des îles où des Européens, matelots ou marchands, sont assez nom-breux en proportion pour que la plupart des enfants offrent déjà un lyperapproché de celui des blancs. Le nombre des Carolins a certainement dimi-nué depuis l’arrivée des étrangers d’Europe , mais non point, comme onl’a souvent dit, en vertu d’une loi inéluctable. 11 est vrai que des épidé-mies relativement peu dangereuses en Europe deviennent terribles en Océa-nie : telle est la terreur causée par ces lléaux, rougeole ou grippe, que dansl’ile de \ap et ailleurs les indigènes se réunissent pour attaquer les villagesatteints de l’infection, tuer les malades et forcer les autres à se réfugierdans l’intérieur pendant plusieurs semaines Toutefois les maladies appor-tées par les matelots n’expliquent pas la disparition de la race. Il ne suf-fit pas (pie l’Européen se présente pour que le Carolin s’incline et meure.Souvent il faut qu’on le tue, et c'est ce que les pirates blancs n’ont pasmanqué de faire en mainte circonstance. Mais surtout ils ont pratiqué engrand la chasse à l’homme, afin de recruter des travailleurs pour leursplantations des îles Fidji et autres archipels. Fréquemment des naviressont venus prendre des chargements de Carolins, que l’on traquait commedes hèles fauves dans les forêts, puis des voyageurs philosophes ont en-ensuite parlé de la fatalité qui pèse sur les races dites inférieures etqui les condamne à disparaître devant le noble blanc ! Cependant il nemanque pas d îles où les familles sont nombreuses et où la populations’accroît avec rapidité par l’excédent des naissances. Telle est, dans legroupe de Morllock, celte île de Lukunor, la « perle des Carolines », dontle sol est cultivé jusqu’à la dernière molle de terre 5 .
Pris en masse, les Carolins sont des hommes doux, hospitaliers, pacifi-ques, travailleurs; les maris ne brutalisent point leurs femmes, et celles-ci, quoique habituées à une liberté complète avant le mariage, sont fidèlesà leurs époux; les parents sont d’une grande tendresse pour leurs enfants;
1 llernsheiin, ouvrage filé.
s Donne, Geoyrapliical Magazine, August 1, 187-1.