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Livre XIV. Océan et terres océaniques.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

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laires des Carolines olïrent aussi de grands conlrasles, dun groupe àl'autre. Dans les îles occidentales, ils ressemblent aux Yisayas et aux Tagal :ils ont le teint clair. Dans les îles du centre, leur peau est dun rougecuivré; plus à lest, dans le groupe de Seniavin, ils sont presque noirs etressemblent à des Papoua; à Calan, lîle la plus orientale de la traînée, ilsont la peau encore plus foncée, leur chevelure est légèrement crépue. Dansl'ile Nukunor et à Satoan, la population descend dimmigrants de Samoa ,ainsi que le prouvent laspect physique, la langue et les mœurs. Enfin ilest des îles des Européens, matelots ou marchands, sont assez nom-breux en proportion pour que la plupart des enfants offrent déjà un lyperapproché de celui des blancs. Le nombre des Carolins a certainement dimi-nué depuis larrivée des étrangers dEurope , mais non point, comme onla souvent dit, en vertu dune loi inéluctable. 11 est vrai que des épidé-mies relativement peu dangereuses en Europe deviennent terribles en Océa-nie : telle est la terreur causée par ces lléaux, rougeole ou grippe, que danslile de \ap et ailleurs les indigènes se réunissent pour attaquer les villagesatteints de linfection, tuer les malades et forcer les autres à se réfugierdans lintérieur pendant plusieurs semaines Toutefois les maladies appor-tées par les matelots nexpliquent pas la disparition de la race. Il ne suf-fit pas (pie lEuropéen se présente pour que le Carolin sincline et meure.Souvent il faut quon le tue, et c'est ce que les pirates blancs nont pasmanqué de faire en mainte circonstance. Mais surtout ils ont pratiqué engrand la chasse à lhomme, afin de recruter des travailleurs pour leursplantations des îles Fidji et autres archipels. Fréquemment des naviressont venus prendre des chargements de Carolins, que lon traquait commedes hèles fauves dans les forêts, puis des voyageurs philosophes ont en-ensuite parlé de la fatalité qui pèse sur les races dites inférieures etqui les condamne à disparaître devant le noble blanc ! Cependant il nemanque pas d îles les familles sont nombreuses et la populationsaccroît avec rapidité par lexcédent des naissances. Telle est, dans legroupe de Morllock, celte île de Lukunor, la « perle des Carolines », dontle sol est cultivé jusquà la dernière molle de terre 5 .

Pris en masse, les Carolins sont des hommes doux, hospitaliers, pacifi-ques, travailleurs; les maris ne brutalisent point leurs femmes, et celles-ci, quoique habituées à une liberté complète avant le mariage, sont fidèlesà leurs époux; les parents sont dune grande tendresse pour leurs enfants;

1 llernsheiin, ouvrage filé.

s Donne, Geoyrapliical Magazine, August 1, 187-1.