CHAPITRE VI
PAPOUASIE
Cette grande terre, nommée le plus souvent Nouvelle-Guinée , appellationqu’elle dut. en 1545, à l’Espagnol Inigo Orliz de lletis, grâce à la res-semblance de ses habitants avec ceux de la Guinée africaine, est, aprèsl'Australie , la terre continentale la plus vaste du Pacifique : elle dépassemême Bornéo en étendue. De l’extrémité nord-occidentale delà Papouasie à l’extrémité sud-orientale, la distance en ligne droite est de 2590 kilo-mètres, sans compter les groupes et les traînées d’iles et d’ilots qui conti-nuent des deux côtés la grande terre; dans sa partie la plus large, ladistance de la côte à la contre-côte dépasse (360 kilomètres. La superficietotale de l’île a été évaluée par Belnn et Wagner à 765 562 kilomètrescarrés : d’après les mêmes auteurs, elle est de 814 859 kilomètres si l’oncomprend avec la Nouvelle-Guinée l’archipel d’Aroe et les autres groupesd’îles qui en dépendent, comme les décombres épars autour d’un édificeen ruines. Cette vaste contrée, égale à une fois et demie la 4 rance enétendue, semble destinée à prendre une importance de premier ordre,car elle est abondamment arrosée et riche en productions diverses ; néan-moins elle est restée jusqu’à nos jours presque entièrement en dehors dudomaine de l’humanité civilisée : les récifs de ses côtes, ses marécages,ses forêts et son immensité même l’ont défendue contre les envahisseursblancs, et la population clairsemée qui l’habite, divisée en de nombreusestribus, ne s’est nulle part constituée en nation. Mais, quoique inexplo-rée encore, la Papouasie est déjà partagée : la Hollande, qui revendiquaitla grande île depuis plus d’un demi-siècle, est désormais reconnue pro-priétaire de la région limitée à l’orient par le 141 e degré de longitudeE. de Greenwich , et le reste de la Nouvelle-Guinée est réparti, depuis le traitéde 1885, entre l’Angleterre et l’Allemagne . La première a le versant méri-
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