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reste à combler la fosse : la femme la plus jeune, un enfant y sont jetésavec les biens les [tins précieux du chef et les offrandes des amis, puis letout est écrasé, brisé et recouvert de pierres, tandis (pie l'assemblée poussedes cris; parfois on coupe les palmeraies, pour que les arbres eux-mêmesparticipent à la douleur générale. Les esclaves que possèdent les chefsmélanésiens sont en général bien traités, mais ils ont toujours la redou-table perspective d’ètre abattus d’un coup de massue et mangés quandon célébrera la victoire d'un chef ou le lancement d’un canot. D’aprèsllomilly, un des plats les plus appréciés de la cuisine néo-irlandaise estun mélange de sagou, de noix de coco et de cervelle humaine. Une desterres de l’Océan où le cannibalisme fait le plus de victimes est Arossi ouSan-Cristobal : parfois jusqu’à vingt personnes y sont cuites et mangéesen un seul jour; un chef, que visita Brown, possède un cocotier sur lequel7b entailles rappellent le nombre de corps humains dépecés et mangésen ce lieu 1 2 . Il est peu d’iles mélanésiennes où l’anlbropophagic ait com-plètement disparu du culte; cependant on cite la petite île de Sanla-Anadont les habitants s’abstiennent de la chair humaine, depuis que le chefl’a tabouée à la suite d’une épidémie. En d’autres îles, l’inlluence desblancs a fait abandonner la hideuse ^ _ , et ceux des insulaires qui
l’observent encore ne manquent pas de s’en défendre devant les étran-gers. Désormais les insulaires des Salomon remplacent les ossements del’homme par ceux du porc dans l’ornementation des cabanes et des canotsde guerre. Dans les îles de l’Amirauté, les vergues des bateaux sont ornéesde touffes de cheveux humains.
Les villages des Mélanésiens, composés pour la plupart de deux ran-gées de cabanes, assez solidement bâties pour résister aux intempériespendant cinq ou six années, présentent tous les types de construction :agglomérations insulaires élevées sur pilotis, groupes de cases reposantsur le sol, et même, notamment à Uzabel, arbres fortifiés, accessiblesseulement par des échelles ou des poutres entaillées. Dans chaque village,
1 éditice élevé avec le plus de soin et décoré des sculptures en bois les pluscurieuses est le tambou, la case publique où se réunissent les hommes,où l’on accueille et fête les étrangers, où les chefs placent, leurs canots deguerre; dans l’île de Tombara, celte case est parfois ornée de statuestaillées dans une roche crayeuse que l’on dit être rejetée sur le rivage parles raz de marée et les tremblements marins 5 . De toutes les grandes
1 Brown; Mncallister, Procecdinys of the R. Irish Acatlemy. June 22, 1885.
2 Brown. Journal of the R. Geoyraphical Society. 1877.