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le chat domestique, redevenu sauvage dans les forêts. Bientôt l'œuvred'extermination sera aussi complète que l’homme peut la faire.
Les insulaires que les Blancs ont trouvés dans l’archipel comparentleur destinée à celle des plantes et des animaux indigènes et se croientdestinés à périr comme eux : « Notre rat, disent-ils, est mangé par lerat d’Europe , notre mouche fuit devant la vôtre, et nous-mêmes nousserons remplacés par vous. » Pourtant ces Maori qui prévoient ainsi leurmort étaient parmi les nations polynésiennes une des plus intelligentes,des plus nobles et des [dus civilisées. Si leur disparition devait s’accomplir,ce serait une des infortunes de notre humanité.
Les Maori , c’est-à-dire « la Lignée, la Descendance », dans le sensd’ «Indigènes », sont sans aucun doute les frères de race des insulaires dela Polvuésie orientale. Leurs légendes, très précises et très détaillées, sontunanimes dans le récit de leur migration dans l’archipel, et permettentmême d’évaluer approximativement l’époque de cet événement. Les éduca-teurs des enfants devaient leur enseigner avec soin toutes les traditionsorales de la race, leur faire apprendre l’histoire et la généalogie des héros,leur marquer, au moyen de planchettes entaillées, la succession des évé-nements et des âges. Ces enseignements, recueillis par Grey et par d’autressavants, nous apprennent qu’il y a quatre ou cinq siècles le Maori TeKupe aborda le premier dans Aotea-roa, Pile septentrionale de la Nouvelle-Zélande, et qu’émerveillé de sa découverte, il s’en retourna dans sa terrenatale d’Havaïki [tour chercher ses compatriotes. Il revint en effet avecune flottille de sept canots de guerre, contenant chacun une centainede combattants, des prêtres, les idoles de pierre et les armes sacrées, ainsique des plantes et des animaux du pays. A cette tradition de l’immigrationdes Maori , leurs descendants ajoutent des légendes de faits merveilleux, lepartage d’Aotea-roa en deux îles, l’apparition d’îlots et de rochers, le jaillis-sement des sources et des (lamines. Des crânes de Néo-Zélandais , offranttous les caractères des crânes papoua, indiqueraient, d’après Huxley etQualrefages, l’existence antérieure d’une race indigène qu’auraient exter-minée les Maori .
On ne sait quelle est cette île de llavaïki d’où vinrent Te Kupe et sescompagnons. La similitude des noms fait penser à l’île de Savaii , dansl’archipel de Samoa ou des Navigateurs, et c’est de cette même île deSavaii que d’autres frères des Maori auraient colonisé Havaii, dans l’ar-chipel des Sandwich. La ressemblance des populations, des langues, des