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mieux abrité que celui de l’apeeté. En outre, la position serait plusheureuse au point de vue stratégique, grâce à l’isthme qui permet de com-mander les deux rives à la fois. Les terres fertiles du littoral sont plusrapprochées de Port-Phaélon (pie de Papeete et la température, modéréepar l’alizé, y est beaucoup moins pénible 1 : c’est au nord-ouest de ceport que se trouve la vallée d’effondrement où des éhoulis de scories ontretenu les eaux et formé le charmant lac de Yahiria. Le fortin de Taravaoest la seule fortification de l’archipel, mais des publicistes, disposantd’avance des millions de la mère patrie, parlent d’entourer Papeeté dedéfenses, de garnir le port de torpilles, de remiser une Hotte dans les eauxde la Société et des archipels voisins, afin de « pouvoir barrer le cheminà toute armée navale européenne se dirigeant vers l’Australie ou l’Asie ’ ».
Moorea, au lnord-ouest de la grande île, n’en est qu’une dépendanceagricole et les barques vont et viennent incessamment entre Papeeté et lesbrèches ouvertes dans la ceinture de ses récifs. Mais l’une des îles occi-dentales ou « sous le vent » est une rivale de Taïti par l’animation de sontrafic. Raïatea, enfermée ainsi queTabaa dans l'enceinte d’un récif ovalaire,a l’avantage de posséder un des meilleurs havres du Pacifique, et le com-merce, presque entièrement entre les mains d’exportateurs allemands, yest moins entravé par les règlements qu’à Papeeté . La ville de Teavarua,située sur la côte sud-orientale de Raïatea, en face del’ile de Taliaa, occupele centre du petit archipel. Raïatea fut autrefois le centre religieux des îlesde la Société, le siège de la franc-maçonnerie des Arioï : de toutes lesîles voisines, « blocs tombés du ciel », même de la sainte Rora-boraet de Iluahine la guerrière, on venait à Raïatea prendre part aux grandesprocessions célébrées en l’honneur des dieux.
A 800 kilomètres environ au nord de Taïti se trouve la petite île de laCaroline, où des astronomes français ont fait en 1883 de remarquableséludes sur la constitution du soleil.
Les îles orientales, les Tuamotou, Mangareva et les Marquises , appeléesen 1791 « îles de la Révolution » par l’explorateur Marchand, ont aussid’excellents ports où pourraient s’abriter des flottes; mais les deux chels-lieux de ces groupes insulaires, Taio-haé, sur la côte méridionale de Nouka-hiva et Rikitea. dans l’île de Mangareva , ne sont que d’humbles villages.
1 Raoul, Notes manuscrites.s De Lanessan , l’Expansion coloniale de la France.