Band 
Livre XV. Amérique boréale.
Seite
9
JPEG-Download
 

DÉCOUVERTE DE L'AMÉRIQUE .

9

bouddhique, cest à lAsie , cest-à-dire à loccident des continents améri­ cains , que se rattachent leurs plus anciennes relations transocéaniques.

Mais il en est autrement pour lhistoire récente du Nouveau Monde. Sijadis la marche de la civilisation sest accomplie dans le sens de loccidentà lorient, elle a pris la direction contraire depuis que sécrivent nos anna-les, et cest de lest à louest, du Ail vers la Méditerranée, de la Méditer-ranée vers lOcéan et des rives orientales de lAtlantique vers les rivesoccidentales', que sest propagée la culture, précédée par les découvertesdes voyageurs. On a voulu faire une loi de ce mouvement des peuples dansla direction de loccident : «cest vers louest que gravite l'étoile de lem-pire, » répètent les Anglais et les Américains. Le fait reste constant quependant les âges modernes l'Amérique est bien, relativement à lEurope ,le monde Occidental, le TFes/, comme disent simplement les marins bri-tanniques. Au delà du Mississippi , les plaines et les monts qui sétendentdans la direction du Grand Océan sont le Far O'est, «Ouest lointain ».

Peut-être, à des époques déjà fort éloignées de nous, des navires de lAn-cien Monde ont-ils visité le monde de lOccident . On a parlé de navigationsphéniciennes, on a répété les légendes grecques relatives à la terre desAtlantes, et lon cite encore des traditions galliques, racontant la décou-verte par Madoc op Owen de terres situées à louest, au milieu des brouil-lards de lOcéan 5 ; les Irlandais ont des légendes analogues, mais les récitsmerveilleux de leurs bardes ne sont accompagnés daucun fait qui leurdonne un caractère de certitude : les premiers documents authentiquessur lexistence dun monde nouveau ne remontent guère quà un millierdannées, à l'époque des grandes migrations Scandinaves. Même dans lapatrie de Christophe Colomb et dAmerigo Yespucci aucun écrivain nedoute plus que lAmérique du Nord nait été découverte par les Nor-mands; cest dailleurs dans les régions boréales de lOcéan, navi-guaient les Yiking, que les voyages dexploration et de conquête étaient leplus faciles, grâce au peu de largeur de lespace qui sépare en ces parageslAncien Monde et le Nouveau. Il est vrai que depuis les temps du Mar-seillais Pythéas ces mers étaient fort redoutées, à cause de leur « poumonmarin », c'est-à-dire de leurs épais brouillards savançant sur les eauxcomme des murailles blanchâtres; on craignait aussi de pénétrer dans les« narines de la Terre », au milieu des écueils environnés de glaces et desbanquises flottantes, dans ces eaux à demi solidifiées par des couches de

1 Léon MclchnikofT, La Civilisation et les Grands Fleuves historiques.

2 D'Avezac; G. Gravier , Découverte de l'Amérique par les JSormands; Itafn, AntiquilalesAméricaine.

xv.

2