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bouddhique, c’est à l’Asie , c’est-à-dire à l’occident des continents améri cains , que se rattachent leurs plus anciennes relations transocéaniques.
Mais il en est autrement pour l’histoire récente du Nouveau Monde. Sijadis la marche de la civilisation s’est accomplie dans le sens de l’occidentà l’orient, elle a pris la direction contraire depuis que s’écrivent nos anna-les, et c’est de l’est à l’ouest, du Ail vers la Méditerranée, de la Méditer-ranée vers l’Océan et des rives orientales de l’Atlantique vers les rivesoccidentales', que s’est propagée la culture, précédée par les découvertesdes voyageurs. On a voulu faire une loi de ce mouvement des peuples dansla direction de l’occident : «c’est vers l’ouest que gravite l'étoile de l’em-pire, » répètent les Anglais et les Américains. Le fait reste constant quependant les âges modernes l'Amérique est bien, relativement à l’Europe ,le monde Occidental, le TFes/, comme disent simplement les marins bri-tanniques. Au delà du Mississippi , les plaines et les monts qui s’étendentdans la direction du Grand Océan sont le Far O'est, «Ouest lointain ».
Peut-être, à des époques déjà fort éloignées de nous, des navires de l’An-cien Monde ont-ils visité le monde de l’Occident . On a parlé de navigationsphéniciennes, on a répété les légendes grecques relatives à la terre desAtlantes, et l’on cite encore des traditions galliques, racontant la décou-verte par Madoc op Owen de terres situées à l’ouest, au milieu des brouil-lards de l’Océan 5 ; les Irlandais ont des légendes analogues, mais les récitsmerveilleux de leurs bardes ne sont accompagnés d’aucun fait qui leurdonne un caractère de certitude : les premiers documents authentiquessur l’existence d’un monde nouveau ne remontent guère qu’à un millierd’années, à l'époque des grandes migrations Scandinaves. Même dans lapatrie de Christophe Colomb et d’Amerigo Yespucci aucun écrivain nedoute plus que l’Amérique du Nord n’ait été découverte par les Nor-mands; c’est d’ailleurs dans les régions boréales de l’Océan, où navi-guaient les Yiking, que les voyages d’exploration et de conquête étaient leplus faciles, grâce au peu de largeur de l’espace qui sépare en ces paragesl’Ancien Monde et le Nouveau. Il est vrai que depuis les temps du Mar-seillais Pythéas ces mers étaient fort redoutées, à cause de leur « poumonmarin », c'est-à-dire de leurs épais brouillards s’avançant sur les eauxcomme des murailles blanchâtres; on craignait aussi de pénétrer dans les« narines de la Terre », au milieu des écueils environnés de glaces et desbanquises flottantes, dans ces eaux à demi solidifiées par des couches de
1 Léon MclchnikofT, La Civilisation et les Grands Fleuves historiques.
2 D'Avezac; — G. Gravier , Découverte de l'Amérique par les JSormands; — Itafn, AntiquilalesAméricaine.
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