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Livre XV. Amérique boréale.
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VOYAGES DE COLOMlt.

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trihuent, consciemment ou non, au même résultat, il en est un auqueléchoit le sort d’arriver au moment propice et d’accomplir l’acte décisif.Entre de nombreux concurrents, c’est Colomb dont le nom a résumé sonépoque, et l’année 1402 est désormais considérée comme le point de sépa-ration entre deux Ages du genre humain.

‘ L’arrivée des caravelles de Colomb dans une rade du Nouveau Mondene parut d’abord rien changer à l’état politique et social des t x s

civilisées; d’autre part, des événements considérables, tels que la fin del’empire d’Orient , les triomphes artistiques et littéraires de la Renaissance,l’invention de l’imprimerie, la circumnavigation de l’Afrique , sont aussides faits d’importance capitale ayant contribué dans une large mesure àl’évolution qui mit un terme au moyen Age; mais parmi tous ces indicesde la grande transformation il n’en est pas un dont la signification ait étéplus précise et plus riche en promesses de changements décisifs que ne lefut l’heureuse navigation du marin génois. Désormais l’Ancien Monde, quid’ailleurs n’était pas encore découvert en entier, ne constituait plus à luiseul l’ensemble de la Terre ; la civilisation, qui, des premiers empiresgroupés vers le point de jonction des trois continents, Afrique , Asie etEurope , s’était propagée presque exclusivement dans le monde méditerranéen,puis de là vers les golfes et les jtarages boréaux de l’Atlantique, possédaitmaintenant pour théAlre la surface entière du globe; la masse des connais-sances, et par suite le domaine de la pensée, s’était accrue; l’histoire, jus-qu’alors fragmentaire, prenait un caractère universel ; les jours, non encoreavenus, qui verront l’alliance de tous les peuples en une même humanitésolidaire s’annonçaient, déjà dans le lointain des Ages. Telle est la cause,plus ou moins clairement, comprise, qui, à la nouvelle de la grande décou-verte, remplit les esprits d’un joyeux émoi. La beauté, la riche végé-tation, le climat des terres récemment trouvées contribuèrent aussi pourune bonne part à mettre le grand événement de 1492 en lumière. Si lesvoyages des Normands dans le Groenland , le Markland, le Yinland ont étéoubliés par tous autres que par les savants, tandis que la première vue desAntilles est restée dans la mémoire des nations comme la seule vraiedécouverte du Nouveau Monde, ne faut-il pas l’attribuer dans une cer-taine mesure au beau ciel des tropiques? En comparaison des îles mer-veilleuses du Midi, qu’étaient les terres glacées du cercle polaire et lesrochers du Nord, revêtus de neiges, environnés de brumes?

Les premières explorations de Colomb n’atteignirent pas la terre fermedu Monde Nouveau. Le premier îlot que virent les Européens en 1492,après trente-quatre jours de traversée depuis Cornera, l’une des Canaries ,

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