VOYAGEURS DE L'ÉPOQUE COLOMBIENNE.
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pénétrer dans les détroits du nord aiin do découvrir le « passage du Nord-Ouesl » autour de l'Amérique septentrionale ; mais le l'ait n’est pas pro-bable : toutes ces côtes étaient désignées alors comme appartenant à la« Tarlario ». Les Portugais donnèrent à ces régions boréales le nom collec-tif de pays « dos Cortereaes », d’après Gaspard son frère Miguel, qui tousles deux périrent dans les eaux américaines. Pour les marins, qui com-mençaient à venir en foule, attirés par les abondantes pêcheries, l'appel-lation commune était celle de Bacalhaos (Bacallaos) ou des « Morues ».
Est-ce alors, ou à une époque déjà bien antérieure, que des pécheursbretons ou basques donnèrent à Pile de Cap-Breton le nom qu’elle porteencore, soit en souvenir de la patrie armoricaine, soit plutôt en l’honneurde la ville située alors sur la bouche de l’Adour? Aucun document ne leprouve, mais les traditions sont unanimes pour attribuer aux Basques deSaint-Sébastien, de Pasages, de Zarauz , de Ciboure et Saint-Jean de Luz ,de Cap-Breton , grands pêcheurs de baleines, la découverte de ces terreslointaines des « Morues »’ : on cite même le nom d’un N'avarrais, Juande Echaide, qui aurait devancé dans ces parages tous les autres naviga-teurs d’Europe . Toutefois le nom euskara de bacallau est d’origine néerlan daise , et ce mot, sous la forme kabcljan, se trouve déjà dans le langagedes marins du nord au treizième siècle*. A la même époque, les Erançaiscommerçaient aussi avec la côte du Brésil : en J504, le navire du sire deGonneville, que les historiens du siècle dernier croyaient avoir découvertl’Australie ou quelque terre de la zone antarctique, n’avait pas dépassé lahaie de Santa Catharina, d’où il avait longé la côte au nord vers Bahia :« d’empuis aulcunes années en çà, » dit le récit du temps, des naviresde Dieppe , Saint-Malo et autres ports avaient également visité ces parages 3 .
Ainsi, dans cette année 1504, qui vit Colomb quitter le Nouveau Mondepour ne plus y revenir, la côte orientale des deux continents était connuedans sa plus grande longueur, tandis que la mer des Antilles , la premièrevisitée, n’était explorée que dans sa partie méridionale. Même vingt-cinqannées se passèrent après la découverte des Bahama par Colomb sans (piedes navires espagnols pénétrassent dans le golfe du Mexique , si ce n’est encontournant Pile de Cuba : c’est que pour les nouveaux venus il ne s’agissaitpoint de faire une exploration méthodique des rivages du Nouveau Monde,mais seulement de trouver des mers abondantes en perles, ou des terresriches en or et en esclaves. En 1508, Yicente Pinzon longea les côtes du
* Pierre Margry , Les Anvit/alions françaises; — Dura, .lira de Soc.
- 0. Pescliel, ouvrage cité; — Hugo Schuchardt, .Votes manuscrites.
3 D’Avczac, Annales des Voyages, juillet 18GU; — .Margry, ouvrage cité.
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