EXPLORATION DES MERS POLAIRES.
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celle ibis avec un caractère bien autrement noble que celui des premièresexplorations. Pour les Anglais , qui s’étaient chargés de cette mission, il nes’agissait plus d’aller ramasser des cailloux aurifères, ni même de décou-vrir une voie commerciale plus courte entre l'Europe occidentale et laChine , mais de continuer la délimitation géographique du Nouveau blonde,d’observer tous les phénomènes de la vie polaire, d’étudier les populationséparses dans ces contrées de la neige et du vent, d’accroître l'avoir intel-lectuel de l’humanité. En vue de cette grande œuvre, qui demandait toutesles hautes qualités, courage, persévérance, dévouement, on n’eùt dù faireappel qu’aux meilleurs; cependant l’on commença par une injustice enrepoussant Scoresby, qui aux yeux des gens officiels avait le tort de ne pasappartenir à la marine de l’État, mais que ses travaux antérieurs et l’opi-nion publique désignaient comme l’explorateur arctique par excellence.Malgré ce début fâcheux, l’histoire des navigations du « Nord-Ouest »témoigne de la valeur exceptionnelle des hommes employés à ces missions,comme savants ou comme marins. En prenant leur résolution, ils accep-taient d’avance, soit la putréfaction lente du scorbut, soit la suffocationdans une tempête de neige ou le broiement entre deux blocs de glace; enoutre, il leur fallait, pour ainsi dire, se plonger dans une mort anticipée,résolus à passer des années loin de la famille et du pays, sans nouvelles etsans possibilité de communications avec les amis, et peut-être à s’éleindreobscurément, à mourir de faim dans quelque prison de glace, sous l’im-mense obscurité de l’interminable nuit. Ces hommes, on les trouva parmilliers pour les nombreuses expéditions polaires qui se sont succédé, etles annales de ces voyages prouvent que, durant la redoutable épreuve,les marins, à quelques exceptions près, restèrent fidèles à leur œuvre.Dans l’bisloire de l’humanité, si pleine d’événements lugubres, de honteset d’atrocités, le tableau des expéditions dans l’archipel Polaire du NouveauMonde est peut-être celui qui montre l’homme sous son jour le plus ra-dieux. Le dix-neuvième siècle peut, léguer cet exemple avec orgueil auxâges qui suivront.
En 1818, John Ross reprit l’exploration précisément à l’endroit où Baffinl’avait abandonnée, deux cents années auparavant, dans le Laneaster-sound ; mais, comme Baffin, il crut, pouvoir affirmer que ce canal, de mêmeque tous les autres golfes de ces parages, était une impasse, fermée par desmontagnes; ce fut son compagnon Parryqui, l’année suivante, eut l'hon-neur de passer à travers celle, zone de nuages que Ross avait prise pour desrochers, et de pénétrer dans le détroit de Darrow, entre deux des grandesîles qu’on a depuis appelées de son nom, « archipel de Parry ». 11 dépassa