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Livre XV. Amérique boréale.
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EXPLORATION DES MERS POLAIRES.

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années trente-cinq navires, montés par plus d'un millier d'hommes, par-coururent les mers de l’archipel, étudiant tous les fjords et les chenaux,plaçant des signaux sur les promontoires et des « caches » de vivres dansles endroits les (dus favorables, promettant des récompenses aux Eskimaux pour le moindre renseignement; on capturait mémo des oiseaux, desloups, des renards, qu’on lâchait ensuite, chargés de missives pour ceuxqui par hasard pourraient les abattre. En août 1850, jusqu’à dix naviresde recherches se trouvaient réunis devant Beechey-island, à l’entrée du dé-troit de Wellington ; jamais pareille Hotte, avant ou depuis, ne se rassem-bla dans ces parages. Enfin, on trouva les restes du dernier campementde l’expédition à une petite distance du grand lac des Poissons, sur laTerre Ferme, et même le navigateur Mac Clintock découvrit, en 185!), undocument écrit qui racontait les malheurs successifs des navires et de leuréquipage : des 158 hommes, tous étaient morts de maladies ou de privations.

Pendant cette période de recherches, le problème du « passage » avaitété résolu. En 1850, l’un des chercheurs, Mac Clure, pénétrant dansl’océan Glacial par le détroit de Bering, se mit à longer la côte américaine;il dépassa le cap Icy, découvert par Cook, puis la pointe Barroxv, qui avaitarrêté Beecbey en 1820, et, de saillie en saillie, finit par entrer dans ledétroits de Banks, où Parry s’était arrêté, bloqué par les glaces, lors de sonpremier voyage. Mac Clure dut s’arrêter aussi : autour de lui la mer s’étaitsolidifiée. 11 séjourna pendant le deuxième et le troisième hiver dans unecrique glacée; heureusement il avait pu traverser 1c détroit au printemps,en glissant sur la banquise, et porter ses dépêches dans un port de Pile Mel-ville, où le navire de Kellett, arrivé par les détroits de l’est, vint à sontour se faire enfermer par les glaces. Tes communications s’établirent del’une à l’autre rive, et au moment où Mac Clure allait envoyer au sudune moitié de son équipage dans-la direction du continent, les gens deKellett accoururent pour rendre la vie et la joie aux malheureux qui semouraient de tristesse et de faim. Ee « passage du Nord-Ouest. » avait doncété trouvé par un « Magellan du Nord on avait pu se rendre de l’uneà l’autre mer, mais en bravant de tels dangers (pie depuis Mac Clure,Kellett et Collinson nul autre navigateur ne s’y est exposé. En 1855, s’estclos ce chapitre de l’histoire des découvertes. Plus tard, sans nul doute,l’exploration sera reprise en détail, grâce à des points d’appui espacés surla côte.

Aux tentatives faites en vue de forcer le passage à travers les glaces de

Franz Schrader . République française. 2 janvier 1874.